NOUVELLES
08/01/2020 19:32 EST

L'armée souligne les lacunes de la défense canadienne après la frappe iranienne

Selon l'armée, l’attaque au missile illustre la nécessité d’obtenir un nouveau système de défense aérienne pour les troupes au sol.

Corporal Ryan Moulto/OP IMPACT
Des membres des Forces armées canadiennes déployés dans le cadre de l'opération IMPACT en Irak (septembre 2019).

L’armée canadienne affirme que la frappe de missiles iraniens contre des bases militaires en Irak souligne la nécessité d’un nouveau système pour défendre les troupes canadiennes contre les attaques aériennes ennemies par des avions, des missiles et des drones.

L’Iran a tiré mardi des missiles sur deux bases militaires en Irak, dont une qui abrite des troupes canadiennes depuis plus de cinq ans dans le cadre de la lutte contre Daech.

Lors d’une conférence de presse, mercredi, le premier ministre Justin Trudeau s’est dit soulagé que personne n’ait été blessé dans cette attaque en représailles au meurtre du haut gradé iranien Qassem Soleimani par un drone américain la semaine dernière.

Les troupes canadiennes en Irak et ailleurs sont régulièrement déployées avec des alliés qui ont ce qu’on appelle des «défenses antiaériennes au sol», ou l’acronyme GBAD en anglais dans le jargon militaire, ce qui peut inclure des intercepteurs de missiles, des canons antiaériens et des dispositifs de brouillage électroniques et aux lasers.

Mais la porte-parole de l’armée canadienne Karla Gimby, s’exprimant au nom du commandant de l’armée, le lieutenant-général Wayne Eyre, a fait valoir mercredi que l’attaque au missile illustrait la nécessité d’obtenir un nouveau système de défense aérienne pour les troupes au sol.

L’absence d’un tel système a été signalée par des commandants successifs de l’armée canadienne comme une lacune critique depuis que l’armée a retiré la dernière de ses armes de défense aérienne en 2012. 

Cependant, les efforts pour acquérir un nouveau système sont au point mort depuis des années. Le ministère de la Défense nationale ne prévoit pas la livraison d’un nouveau système avant au moins 2026, dont les coûts projetés se situent de 250 millions à 500 millions $.

Des responsables ont déjà laissé entendre qu’une partie du problème consiste à déterminer exactement quelles menaces le système devra contrer, en particulier compte tenu des progrès rapides de la technologie.

Dans une récente entrevue avec La Presse canadienne, le lieutenant-général Wayne Eyre a cité l’utilisation par l’Iran de drones pour attaquer la plus grande installation pétrolière d’Arabie saoudite en septembre comme exemple des nouvelles menaces aéroportées auxquelles le Canada pourrait faire face.

L’armée canadienne a confirmé mardi qu’elle déplaçait temporairement certaines de ses troupes en Irak au Koweït pour des raisons de sécurité.

Mercredi, M. Trudeau a exprimé le désir de poursuivre la mission du Canada au sein de la coalition pour combattre Daech (groupe armé État islamique). Il assure qu’il y aura des conversations dans les jours et les semaines à venir sur la façon de stabiliser l’Irak.

Le chef d’état-major de la défense, le général Jonathan Vance, a ajouté que les troupes canadiennes étaient prêtes à poursuivre la mission si les conditions étaient réunies.

À VOIR AUSSI: Écrasement d’avion en Iran: de nombreux Canadiens parmi les victimes