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19/06/2019 14:38 EDT

Un rapport de l'ONU suggère une enquête approfondie sur la mort de Khashoggi

Des «preuves crédibles» établiraient des liens entre le meurtre du journaliste et le prince héritier de l'Arabie saoudite.

Anadolu Agency via Getty Images
Mohammed ben Salmane, prince héritier de l'Arabie saoudite

GENÈVE, Suisse — Un rapport indépendant de l’Organisation des Nations unies sur l’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi conclut qu’il existe des «preuves crédibles» justifiant une enquête plus approfondie sur le rôle possible du prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane et suggère des sanctions sur ses avoirs personnels.

Cette enquête cinglante risque fort de durcir l’opinion contre le prince héritier à Washington et dans d’autres capitales occidentales, où des critiques affirment qu’une opération de cette ampleur a assurément nécessité la connaissance et l’implication du puissant prince.

Le prince saoudien âgé de 33 ans, qui continue de bénéficier du soutien de son père, le roi Salmane, nie toute implication dans le meurtre et le royaume a blâmé des agents saoudiens rebelles pour l’opération. Le président américain Donald Trump a défendu les relations américano-saoudiennes face au tollé international provoqué par le massacre du 2 octobre.

Circonstances suspectes

Le rapport de 101 pages publié par Agnès Callamard indique que le royaume d’Arabie saoudite est responsable du meurtre de Jamal Khashoggi.

Jamal Khashoggi, un critique du prince héritier ayant écrit des articles pour le Washington Post, a été tué et aurait été démembré dans le consulat d’Arabie saoudite à Istanbul par des agents saoudiens. Ses restes n’ont jamais été retrouvés. Avant sa mort, il vivait dans l’exil qu’il s’était imposé à la suite d’une répression contre des militants et quiconque exprimait son désaccord à l’intérieur du royaume.

Mme Callamard a déclaré que son enquête avait «déterminé qu’il existait des preuves crédibles, justifiant une enquête plus approfondie sur la responsabilité individuelle de hauts responsables saoudiens, y compris celle du prince héritier».

Il y avait aussi «des preuves crédibles indiquant que les lieux du crime (en Turquie) avaient été nettoyés à fond». Le rapport note que cela indique que «l’enquête saoudienne n’a pas été menée de bonne foi et qu’elle pourrait constituer une entrave à la justice».

Le rapport ajoute qu’il n’y a «aucune raison pour que des sanctions ne soient pas appliquées contre le prince héritier et ses avoirs personnels» — notant que des mesures de sanctions ont déjà été mis en place dans le passé avant même que la culpabilité ne soit établie.

Le rapport identifie également par leur nom 15 suspects, dont 11 sont en procès en Arabie saoudite. Cinq des personnes jugées pourraient être exécutées en vertu de la loi saoudienne.

Le royaume n’a pas révélé les noms des personnes en procès et a gardé les procédures judiciaires largement secrètes.

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