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Les antisudorifiques naturels, vraiment efficaces?

Personne n'a envie d'avoir les aisselles mouillées.

Les antisudorifiques commerciaux sont souvent pointés du doigt en raison de leur composition à base d’aluminium associée au cancer. Pour éviter ce risque, plusieurs optent pour les déodorants et anti sudorifiques dits naturels, sans aluminium. Mais sont-ils aussi efficaces? Tour d’horizon.

Le piège du marketing

Vous voyez un flacon affichant «naturel» en grosses lettres et vous vous dites que c’est inévitablement le meilleur choix? Pas si vite!

Il faut savoir d’abord qu’un antisudorifique naturel, ça n’existe pas, selon la dermatologue Dre. Sophie Vadeboncoeur, spécialisée dans le traitement de l’hyperhidrose, ou sudation abondante.

«Un antisudorifique nécessite un sel minéral pour bloquer les glandes sudorales eccrines, soit l’aluminium ou le zirconium», sinon il s’agit de déodorant qui ne sert, lui, qu’à masquer les odeurs, explique-t-elle.

Pourtant la marque canadienne Green Beaver a lancé en janvier dernier une gamme d’«antisudorifiques» «d’origine 100% naturelle». Ses nouveaux bâtons n’affichent ni aluminium ni zirconium, mais plutôt une technologie maison appelée NaturaDri «à base d’esters de cire de fleurs de jojoba et de mimosa associés à d’autres extraits de plantes». L’entreprise dit que cette dernière bloque «naturellement» les glandes sudoripares, mais n’a pas voulu en dire plus sur le procédé au HuffPost Québec.

Nous l’avons testé. Après quelques applications, on constate que le produit nous protège des mauvaises odeurs, mais les aisselles ne demeurent pas au sec pendant «24h» tel que promis, rappelant davantage la fonction du déodorant.

Tom’s of Maine, une autre compagnie largement reconnue pour ses produits «naturels» a aussi lancé des antisudorifiques. Toutefois, ici, on retrouve de l’aluminium. De «l’aluminium recyclé dérivé à l’origine du minerai de bauxite naturel», spécifie-t-on. Dans ce cas-ci, oui, c’est un antisudorifique, mais non il n’est pas naturel même s’il se retrouve sur la même tablette que les déos verts.

«Ça pique!»

S’il n’y a généralement aucune complication associée à l’emploi des déodorants naturels, on doit se méfier de leur liste d’ingrédients, selon Dre. Vadeboncoeur.

«Qui dit naturel, dit extrait de plantes ce qui donne fréquemment des réactions allergiques cutanées», explique-t-elle. Sacrifier l’aluminium par un autre produit irritant n’est alors pas encouragé.

Avant de d’appliquer un déo naturel sous vos aisselles, il est conseillé de faire un test sur une autre partie de votre corps un peu moins sensible aux irritations.

Alors, c’est efficace?

Si le déodorant régulier est suffisant pour vous protéger des mauvaises odeurs et ne suez pas abondamment, fort est à parier que les déodorants naturels vous conviendront aussi.

«Une personne avec une sudation normale pourra bénéficier des produits en vente libre qui finissent par se ressembler, confirme Sophie Vadeboncoeur. Ça finit par être une question de préférence. Si une personne sue très peu, mais a de mauvaises odeurs, un déodorant pourra suffire, qu’il soit naturel ou non.»

Si toutefois vous avez tendance à transpirer généreusement ou prévoyez une activité physique, les déos naturels risquent de ne pas tenir le coup. Vous serez en nage avant même d’être arrivé au bureau ou d’avoir entamé votre deuxième série de squats. Dans ce cas-ci, l’aluminium dans l’antisudorifique n’est pas une option, mais une nécessité pour empêcher de mouiller votre chemise.

Pourquoi sue-t-on?

Le corps transpire lorsqu’il doit réguler sa température interne pour la ramener à 37 °C. Stress, émotions, ou maladies peuvent aussi accélérer la sudation.

Pourquoi la transpiration pue?

Qu’elle s’échappe des glandes eccrines (mains, pieds, front) ou des glandes apocrines (aisselles, anus, mamelons), la sueur n’a à l’origine pas d’odeur. C’est lorsqu’elle les bactéries à la surface de la peau s’en emparent puis la décomposent qu’elle prend une mauvaise odeur.

Nous avons testé 3 déodorants naturels

La texture ressemble à celle d’un baume hydratant en bâton et la barrière protectrice tient à condition de ne pas trop bouger. On sent qu’il faudra en rappliquer rapidement sinon. On a bien aimé le parfum «Voyage» pour homme : un heureux mélange d’eucalyptus, de patchouli et de kumaru.

Un poil trop crémeux à notre goût, il nous donne l’impression d’être mouillé sous les aisselles après l’application. Il est toutefois doux pour la peau (grâce notamment à l’Aloès) et relève d’agréables notes agrumées.

Sa texture est un peu collante et la fragrance ne semble pas vraiment définie. Il convient plus à un coup de fraîcheur qu’à une protection longue durée.