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28/09/2020 13:00 EDT | Actualisé 28/09/2020 15:37 EDT

Anticosti franchit une autre étape pour sa protection par l'UNESCO

L’île qui était convoitée pour ses réserves d’hydrocarbures deviendra une réserve de biodiversité projetée.

Alexandre Morin-Laprise via Getty Images

L’île d’Anticosti franchit une étape supplémentaire en vue d’être classée au patrimoine mondial de l’UNESCO.

L’île qui était autrefois convoitée pour ses réserves d’hydrocarbures deviendra sur un peu plus du quart de sa surface une réserve de biodiversité projetée (RBP).

Le ministre de l’Environnement, Benoit Charette, en a fait l’annonce lundi matin en conférence de presse à Port-Menier, sur l’île, en y ajoutant une enveloppe de 1,2 million $.

“La chasse, la pêche et une foresterie durable seront possibles”, a expliqué M. Charette, en entrevue avec La Presse Canadienne lundi après-midi.

Par foresterie durable, on entend de “l’entretien, des coupes pour protéger un secteur, pour permettre sa reforestation, mais on ne parle pas d’entreprise” qui ferait de l’exploitation forestière, a-t-il précisé.

La RBP est une des exigences de protection que demande l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) pour la reconnaissance de l’île d’Anticosti comme site du patrimoine mondial.

Cette nouvelle réserve est d’une superficie de 1651 km carrés. Il s’agit essentiellement d’une bande qui fait le tour du littoral de l’île et qui englobe également d’autres secteurs jugés importants à protéger. Le territoire protégé de l’île passera ainsi de 7,6 % à 28,4 %.

“Pas question de revenir en arrière, il n’y aura pas d’exploration de gaz de schiste”, a déclaré le ministre des Ressources naturelles, Jonatan Julien, en visioconférence.

La candidature de l’île au titre de patrimoine mondial de l’UNESCO est encore loin d’être prête. “On est conscient qu’il reste passablement de travail à faire pour étoffer ce dossier (de candidature)”, a admis le ministre de l’Environnement, Benoit Charette.

Cependant, un “dépôt volontaire” d’une première ébauche de la candidature devrait être rendue publique dans les prochains jours par la municipalité, a fait savoir le ministre. Quant au dépôt officiel, il devrait avoir lieu en février.

“On est en concurrence avec des lieux partout le monde, a dit le maire de la municipalité de L’Île-d’Anticosti, John Pineault. Quand on monte un dossier à l’UNESCO, il faut qu’il soit parfait.”

La municipalité mise d’ailleurs sur la réalisation d’un grand sentier de randonnée – un genre de “Compostelle” québécois, a imagé M. Charette.

″Ça va se traduire par des jobs”, a commenté le maire, qui a plaidé pour la mise en valeur du patrimoine naturel des régions.

“Si vous avez un créneau pointu, si vous savez l’exploiter de façon rationnelle et intelligente, il est alors possible de vivre en région et de faire partie de façon vibrante du tissu social du Québec.”

Rappelons qu’au cours de la dernière décennie, cette immense île au beau milieu du Saint-Laurent, reconnue comme un paradis de la chasse, a fait l’objet de convoitise et de controverse. Des entreprises pétrolières et gazières ont voulu exploiter ses ressources en hydrocarbures, avec la bénédiction du gouvernement Marois de l’époque.

Le gouvernement Couillard a ensuite imposé un moratoire en 2017 sur l’exploration en vue de trouver des hydrocarbures et de les exploiter. L’État québécois a dû par la suite indemniser les entreprises pour environ 62 millions $ au total.

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