POLITIQUE
06/11/2019 19:59 EST | Actualisé 07/11/2019 07:14 EST

Andrew Scheer: pas de remise en question de son leadership avant avril

La question du leadership de M. Scheer sera désormais entre les mains des membres du parti, qui se réuniront au printemps pour leur congrès bisannuel.

Adrian Wyld/The Canadian Press via ASSOCIATED PRESS
Andrew Scheer (photo d'archives)

Andrew Scheer a émergé après sept heures de discussions avec ses députés et ses sénateurs en assurant qu’il est là pour rester, au moins jusqu’à avril.

Les députés conservateurs ont voté contre la mise en vigueur de règles qui leur auraient donné le pouvoir de se débarrasser de leur chef à l’issue d’un vote au caucus. Ceci met le sort de M. Scheer entre les mains des membres du parti qui se réuniront du 16 au 18 avril, à Toronto, pour leur congrès bisannuel.

Il y aura alors un vote de confiance.

M. Scheer a refusé de dire quel pourcentage il considérerait comme suffisant, à ce moment-là, pour rester à la tête du Parti conservateur.

En attendant, il a annoncé que l’ancien ministre du gouvernement Harper, John Baird, mènerait “un examen externe approfondi” de la campagne électorale.

Il veut la conclusion de cet examen “aussi tôt que possible”, bien avant le congrès d’avril.

Mécontents à l’entrée et absents à la sortie

À l’entrée de la réunion, personne n’a exprimé d’appétit pour montrer tout de suite la porte à M. Scheer. Ils étaient cependant quelques-uns à étaler leur frustration et leur colère devant les résultats électoraux.

“Je suis en ta...”, a résumé le sénateur québécois Claude Carignan.

“On était d’accord avec toutes les attentes du Québec. Pourquoi on n’en a pas parlé? Moi, c’est ça qui me déçoit de la campagne”, a offert son collègue au Sénat Pierre-Hugues Boisvenu.

Le sénateur Boisvenu, qui a prêté main-forte à sa conjointe Isabelle Lapointe, candidate défaite dans La Prairie, s’en est pris à “l’entourage” de M. Scheer qui, selon lui, n’était pas à l’écoute des campagnes locales au Québec.

Gérard Deltell s’est montré moins critique, mais était prêt à admettre que la campagne québécoise a déçu.

“Oui, c’est vrai qu’on a eu des difficultés au Québec (...) on avait un élan formidable. Et malheureusement, cet élan-là s’est avorté”, a-t-il remarqué.

M. Scheer estime que M. Baird, un Ontarien, pourra décortiquer les problèmes de la campagne québécoise.

“C’est clair que M. Baird a l’expérience pour travailler avec une équipe pour (examiner) l’élection dans chaque région, incluant le Québec”, a-t-il assuré.

Le chef, lui, a déjà une explication pour la défaite: des problèmes de communication. “Ce que j’ai entendu aujourd’hui, c’est que nous devons mieux communiquer notre plan aux Canadiens”, a dit M. Scheer.

Il ne réviserait rien de ce plan. “Aussi longtemps que je serai leader de ce parti, notre parti opposera la taxe sur le carbone”, a-t-il par exemple répété.

À sa sortie de cette très longue réunion, une cinquantaine des membres de son caucus l’ont entouré, applaudissant ses réponses aux journalistes durant le point de presse.

Il manquait donc une centaine de personnes.

Et puis, le nouveau président du caucus n’a pas voulu dire si lui-même appuyait M. Scheer. “Je suis un serviteur du caucus maintenant et je suis complètement neutre”, a déclaré Tom Kmiec.

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