POLITIQUE
18/10/2019 12:09 EDT | Actualisé 18/10/2019 15:14 EDT

Justin Trudeau reproche à Andrew Scheer de lui prêter de fausses intentions

Le chef du parti conservateur prétend qu’un gouvernement libéral imposerait une hausse de la TPS.

Adrian Wyld/La Presse canadienne
Andrew Scheer.

FREDERICTON — À trois jours du vote, les conservateurs prétendent qu’un gouvernement libéral imposerait une hausse de la TPS qui passerait de 5 à 7,5 pour cent.

Lorsqu’on a demandé à Andrew Scheer d’où il sort ce chiffre, vendredi matin, à Fredericton, il s’est défendu de l’avoir tout simplement inventé.

“Pour payer pour les grands déficits, il doit augmenter les impôts. La TPS, ça, c’est un exemple. Si c’est pas la TPS, Justin Trudeau doit avoir le courage d’expliquer aux Canadiens exactement quels taxes et impôts il va augmenter pour payer pour la coalition entre le NPD et les libéraux”, s’est-il justifié.

Justin Trudeau souligne que tout ça est pure fiction.

“Les attaques d’Andrew Scheer sont fausses. Ils ne peuvent rien faire (d’autre) que d’inventer des choses parce qu’ils n’ont rien à offrir aux Canadiens, sauf des coupures”, a réagi le chef libéral, une demi-heure plus tard, en campagne à Whitby, en Ontario.

Sa critique a trouvé écho à Port Alberni, en Colombie-Britannique, un peu plus tard.

“Oui, il a menti. C’est complètement faux. On n’a jamais parlé de ça. Ce n’est pas dans aucun de nos engagements, donc c’est faux, absolument faux”, a insisté le chef du Nouveau Parti démocratique (NPD), Jagmeet Singh.

À voir: un journaliste se fait huer pendant une question posée à Andrew Scheer

 

“M. Scheer est tout simplement en train d’inventer des choses parce qu’il est de plus en plus aux abois”, a-t-il ajouté en anglais.

Une coalition, quelle coalition?

M. Singh, tout comme M. Trudeau, refuse d’évoquer la possibilité d’une coalition entre son parti et le Parti libéral, scénario que les conservateurs brandissent comme un épouvantail.

Vendredi, il s’est cependant avancé sur une condition à un éventuel appui pour un gouvernement libéral minoritaire: l’annulation du projet d’élargissement de l’oléoduc Trans Mountain. Cette condition, la leader du Parti vert, Elizabeth May, l’a également posée pendant la campagne électorale.

“On est contre le pipeline Trans Mountain, on était contre ça, on va continuer de combattre le pipeline”, a dit M Singh, vendredi.

Il maintient que le seul parti avec lequel il ne voudra pas travailler après le 21 octobre est celui de M. Scheer.

Yves-François Blanchet n’a fermé la porte à personne. Mais plus tôt cette semaine, le chef du Bloc québécois a dit qu’il s’opposerait à l’annulation de la taxe sur le carbone. Vendredi, Andrew Scheer a répété que sa toute première loi, s’il devenait premier ministre, serait une loi pour annuler cette taxe.

D’autres fausses intentions

Il n’y a pas que la hausse de la TPS. Les conservateurs prétendent aussi, depuis le début de la campagne, que les libéraux planifient de décriminaliser toutes les drogues et de taxer la vente d’une résidence principale.

“Sous Justin Trudeau, sous le gouvernement libéral, leur agence de revenu a commencé de ramasser l’information liée (aux) ventes des résidences primaires. Alors c’est clair que c’est quelque chose qu’ils sont en train de considérer”, a dit M. Scheer.

Il a offert le même raisonnement pour la décriminalisation de toutes les drogues: si les libéraux n’ont pas dit qu’ils allaient faire ça, ça ne veut pas dire qu’ils ne le feraient pas.

Un allié conservateur

À Fredericton, le chef conservateur faisait campagne avec le premier ministre du Nouveau-Brunswick.

En mêlée de presse avec les journalistes de la caravane du chef fédéral, Blaine Higgs a dit que le Québec bénéficie d’un traitement particulier qui nuit à l’unité canadienne. Il s’est plaint que tant de partis politiques fédéraux se plient en quatre pour obtenir les votes des Québécois.

M. Scheer a passé deux jours cette semaine au Québec pour exprimer aux Québécois toute son admiration pour leur province et leur demander de voter pour son parti. Il leur a répété qu’il est le seul à pouvoir leur livrer ce qu’ils réclament, citant, entre autres, la déclaration de revenus unique et une renégociation pour donner plus de pouvoir à Québec en matière d’immigration.

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