POLITIQUE
17/05/2019 10:51 EDT

Un «couloir énergétique» à travers le Canada, propose Andrew Scheer

L’industrie ne serait pas tenue de soumettre des propositions «complexes» d’itinéraires pour de nouveaux pipelines, par exemple, explique le chef conservateur.

Sean Kilpatrick/La Presse canadienne
Le chef du Parti conservateur du Canada, Andrew Scheer

TORONTO — Le chef conservateur, Andrew Scheer, propose de créer un «couloir énergétique», qui traverserait le pays d’un océan à l’autre et dans lequel il serait plus facile de construire rapidement des pipelines et des lignes électriques à haute tension.

Dans un discours à Toronto exposant sa vision économique à l’aube des prochaines élections, le chef de l’opposition officielle a déclaré qu’un tel couloir unique permettrait d’approuver plus facilement les grands projets énergétiques au pays.

M. Scheer soutient que toute la planification et la consultation seraient déjà effectuées en amont: ainsi, l’industrie ne serait pas tenue ensuite de soumettre des propositions «complexes» d’itinéraires pour de nouvelles lignes de transport d’électricité et de nouveaux pipelines.

«Avec un corridor unique, nous pourrions minimiser les impacts environnementaux, réduire les coûts des évaluations environnementales, réduire l’incertitude pour les investisseurs et, surtout, mener à bien ces projets essentiels», indique le texte de l’allocution, remis à l’avance aux journalistes.

 M. Scheer estime également que le gouvernement fédéral devrait s’assurer que le Canada n’importera plus de pétrole étranger d’ici 2030. Le pétrole importé alimente, selon lui, «des régimes qui bafouent les droits de la personne et ne prennent pratiquement aucune mesure pour protéger l’environnement» — comme l’Iran, le Venezuela et l’Arabie saoudite. «Si les États-Unis peuvent le faire, nous le pouvons aussi», soutient M. Scheer.

L’Agence américaine d’information énergétique estime toutefois que les États-Unis importent près de 10 millions de barils de pétrole par jour, notamment d’Arabie saoudite et du Venezuela.

M. Scheer soutient que si les conservateurs remportent les prochaines élections, son gouvernement abolira la Banque de l’infrastructure du Canada, créée par les libéraux pour attirer les investissements privés dans des projets d’infrastructure publics. Un gouvernement Scheer mettrait aussi fin aux subventions versées aux entreprises et supprimerait la taxe fédérale sur le carbone.

Le discours de Toronto est le deuxième d’une série de cinq que M. Scheer prévoit utiliser pour dévoiler les principales politiques conservatrices en vue du scrutin d’octobre. Dans un discours de politique étrangère prononcé la semaine dernière à Montréal, il avait notamment promis de déménager l’ambassade canadienne en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, comme viennent de le faire les Américains.

Les trois autres discours doivent porter sur l’immigration, les relations intergouvernementales canadiennes et l’environnement.

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