POLITIQUE
12/09/2019 10:12 EDT

Andrew Scheer a les circonscriptions néo-démocrates du Québec dans sa mire

Le tout sans ménager les attaques sur Justin Trudeau avec le dossier SNC-Lavalin.

Paul Chiasson/PC

Le chef conservateur Andrew Scheer entend profiter du recul du Nouveau Parti démocratique dans les intentions de vote pour rafler des sièges au Québec.

Sa décision de lancer officiellement sa campagne électorale à Trois-Rivières, dans la circonscription du même nom, mercredi, n’est pas le fruit du hasard alors qu’il y présente un candidat-vedette, l’ex-maire trifluvien Yves Lévesque, pour conquérir la circonscription, détenue par le néo-démocrate Robert Aubin depuis la vague orange de 2011.

Le chef conservateur ne s’est d’ailleurs pas attardé aux néo-démocrates dans son allocution, conservant toutes ses flèches pour les libéraux de Justin Trudeau et le Bloc québécois, deux autres formations qui voudraient bien reprendre une portion du terrain perdu aux néo-démocrates depuis huit ans.

SNC-Lavalin au coeur de sa campagne

M. Scheer avait déjà rencontré la presse tôt le matin avant de quitter Ottawa en direction de la Mauricie et, aux deux endroits, il a profité de nouvelles révélations du Globe and Mail pour lancer de nouvelles attaques contre Justin Trudeau pour sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin.

Le quotidien torontois affirme que l’enquête de policiers de la Gendarmerie royale du Canada qui examinaient une possible entrave à la justice dans la gestion des accusations contre SNC-Lavalin a été freinée par le refus du gouvernement fédéral de libérer tous les témoins de leur devoir de confidentialité.

“Il refuse de lever les privilèges et la confidentialité du cabinet, ce qui empêche la GRC de faire enquête sur ses agissements. Justin Trudeau doit dès aujourd’hui permettre à la GRC de faire son travail. Son bureau doit pleinement coopérer et doit remettre tous les documents nécessaires”, a martelé M. Scheer.

Tout en répétant le slogan électoral qui présente les conservateurs comme étant le parti qui en donnera “plus” aux Canadiens, M. Scheer n’a pas caché que les attaques envers la crédibilité de M. Trudeau concernant sa gestion de l’affaire SNC-Lavalin seront au coeur de sa campagne. Il a aussi attaqué la gestion du gouvernement libéral, lui reprochant notamment ses déficits répétés et d’avoir alourdi le fardeau fiscal des Canadiens.

J’ai un message très clair, très simple pour Justin Trudeau: à compter d’aujourd’hui, la récréation est terminée.Andrew Scheer

Quant au Bloc québécois, Andrew Scheer a rappelé qu’il ne peut aspirer au pouvoir et n’a pas manqué de railler le rôle limité de la formation souverainiste. “Ce n’est pas le Bloc qui va remplacer Justin Trudeau. (...) Les députés du Bloc seront toujours des spectateurs impuissants qui jouent aux gérants d’estrade. Pendant ce temps, nous on est sur la glace.”

Le NPD menacé à Trois-Rivières

Il ne fait aucun doute que le siège de Robert Aubin est menacé, mais moins par les conservateurs que par les libéraux, si l’on se fie à un sondage Mainstreet Research, publié par Le Nouvelliste le matin même.

L’enquête, menée il y a une semaine auprès de 837 électeurs du comté - la marge d’erreur est de 3,36 pour cent - montre en effet que le NPD est en cinquième place dans la circonscription avec à peine 5 pour cent des intentions de vote. Le Parti libéral occupe pour sa part le haut du pavé, avec l’appui de tout près de 36 pour cent des électeurs sondés, suivi des conservateurs à 28 pour cent, du Bloc à 20 pour cent et des verts à près de 6 pour cent.

Fait à noter, toutefois, ce sondage ne nommait aucun candidat et demandait plutôt les intentions de vote par parti, de sorte qu’il est difficile de jauger l’effet de notoriété de l’ex-maire de Trois-Rivières. Son adversaire libérale, la conseillère municipale Valérie Renaud-Martin, jouit cependant aussi d’une bonne notoriété dans le comté.

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