DIVERTISSEMENT
22/11/2019 07:52 EST

Pour Rémy Girard, Andrée Lachapelle était «une personne de très haute qualité»

«C’était quelqu’un de tellement vraie, de tellement simple, tellement chaleureuse qu’on ne pouvait pas ne pas l’aimer.»

Facebook/Il pleuvait des oiseaux
Andrée Lachapelle jouait le rôle de Marie-Desneige dans «Il pleuvait des oiseaux».

On aurait difficilement pu imaginer une plus belle sortie de scène pour la grande comédienne qu’aura été Andrée Lachapelle, décédée jeudi à l’âge de 88 ans.

À peine deux mois après la sortie du film «Il pleuvait des oiseaux», dans lequel elle lègue un dernier grand rôle au cinéma québécois, l’actrice est décédée des suites d’un cancer. 

Gilbert Sicotte et Rémy Girard auront été ses derniers partenaires de jeu au grand écran dans le long métrage de la réalisatrice Louise Archambault.

Pour M. Girard, Andrée Lachapelle quitte «avec grande élégance, comme toujours».

Madame Lachapelle, c’est l’élégance incarnée, la gentillesse, une personne de très haute qualité.Rémy Girard

Très impressionné devant cette grande comédienne dont il a fait la connaissance en 1980 à son arrivée à Montréal, le jeune artiste débarqué de Québec a rapidement réalisé qu’elle n’avait rien d’intimidant. L’image de la femme hautaine ou difficile d’approche que certains pouvaient avoir n’était absolument pas justifiée.

«Elle était une très belle femme, une beauté classique. C’est peut-être à cause de ça, mais elle n’était pas comme ça du tout, assure-t-il. C’était quelqu’un de tellement vraie, de tellement simple, tellement chaleureuse qu’on ne pouvait pas ne pas l’aimer.»

Gilbert Sicotte offre le même témoignage de sa récente partenaire de jeu au grand écran. Malgré son âge avancé et les longues journées de tournage sur le plateau d’«Il pleuvait des oiseaux», il n’a jamais entendu de plainte de Mme Lachapelle.

«Elle se sentait privilégiée et avait une façon de voir la vie qui ne retenait toujours que le côté positif des choses», garde-t-il en souvenir.

Les premiers contacts de Gilbert Sicotte avec Andrée Lachapelle remontent au début des années 1990. Il se souvient notamment du tournage du film «Cap Tourmente», en 1993, alors qu’ils avaient partagé une maison durant un mois en compagnie d’une autre collègue, Élise Guilbault.

«On partageait le tournage et la vie de tous les jours. C’était très joyeux parce qu’Andrée aimait le plaisir, le party, la convivialité avec les gens. C’est pour ça, selon moi, qu’elle aimait autant le théâtre et le jeu», croit-il.

Pour lui, Andrée Lachapelle représente une génération qui a traversé plusieurs époques de jeu et de styles différents. Elle était des débuts du théâtre québécois et de la télévision.

«Elle a touché à tous les médiums et chaque fois, elle avait une énergie, une intensité qui a nourri tous ses personnages», conclut-il.

Le premier ministre du Québec François Legault a offert ses sympathies à la famille dans un message publié sur Twitter. «Elle a fait rêver les Québécois pendant toutes ces années avec ses personnages à la télé, au cinéma et au théâtre», a-t-il ajouté.

Justin Trudeau a lui aussi souligné le triste événement sur Twitter en parlant d’«une grande dame qui a énormément contribué à la culture québécoise».

Généreuse jusqu’à la toute fin

Andrée Lachapelle n’aura pas laissé que de grands rôles derrière elle, mais aussi une lignée de comédiennes de mère en fille. Sa fille Nathalie Gadouas et sa petite-fille Ève Gadouas continuent de suivre ses traces.

Cette dernière a confié à La Presse canadienne avoir été touchée de voir comment sa grand-mère aura été généreuse jusqu’à la toute fin de sa vie. Au cours des dernières semaines, beaucoup de gens lui ont rendu visite ou lui ont téléphoné et la réaction de sa grand-mère l’a beaucoup touchée.

Elle accordait une importance à chacun d’entre eux et leur disait à quel point ils avaient été importants pour elle.Ève Gadouas

«Je trouve que c’est une très belle qualité humaine d’avoir cette reconnaissance», témoigne-t-elle.

Les trois générations de comédiennes ont eu le rare privilège de partager la scène, le temps de trois représentations de la pièce «Tout comme elle», en 2006. Un moment spécial pour les trois femmes.

Ève Gadouas dit retenir de sa grand-mère: «Sa joie de vivre, sa résilience, son amour». «C’était une amoureuse de la vie, des gens. Elle avait une véritable appréciation de la vie», décrit-elle.

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