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03/12/2020 14:24 EST

Le pianiste André Gagnon est décédé

Le musicien touche-à-tout a eu une carrière bien remplie.

Denis Beaumont/La Presse canadienne
André Gagnon 

Le pianiste et compositeur québécois André Gagnon est décédé jeudi, à l’âge de 84 ans, des suites d’une maladie neurodégénérative, la “maladie à corps de Lewy”, a indiqué la maison de disques Audiogram.

Au cours d’une carrière d’une quarantaine d’années, André “Dédé” Gagnon a marié le baroque et la Bolduc avec “Les Turluteries”, repris à sa manière les “Quatre saisons” de Vivaldi, invité le violoneux “Tit-Jean Carignan” à la table de la musique classique, embrassé le disco avec “Wow”, accompagné Claude Léveillé pendant des années, composé la musique de l’opéra romantique “Nelligan”, sur un livret de Michel Tremblay, séduit avec l’album “Neiges”, qu’on qualifierait aujourd’hui de “néoclassique”.

Né à Saint-Pacôme-de-Kamouraska le 2 août 1936, André Gagnon compose dès l’âge de six ans. Après des études au Conservatoire de musique de Montréal, le jeune pianiste obtient une bourse du gouvernement du Québec et part étudier à Paris en 1961.

L’année suivante, le musicien touche-à-tout devient l’accompagnateur attitré de Claude Léveillée, jusqu’en 1969. Pendant ces années, il accompagne aussi d’autres chansonniers et chanteurs de la grande époque des boîtes à chansons et de la chanson pop québécoise – Jacques Blanchet, Pierre Calvé, Renée Claude, Claude Gauthier, Pauline Julien, Pierre Létourneau, Monique Leyrac.

André Gagnon se consacre finalement à sa “carrière solo” de compositeur et d’arrangeur en 1969: il enregistre à Londres “Mes quatre saisons”, hommage à Vivaldi. Sa carrière est lancée, sur disque mais aussi en spectacles, un peu partout dans le monde, souvent avec orchestre symphonique. Il connaît un succès phénoménal au Japon, où il a enregistré plusieurs albums sous l’étiquette RCA Victor.

À travers des années de spectacles et de disques, André Gagnon oeuvre aussi pour la télévision québécoise: il compose la musique de plusieurs séries, dont “La Souris verte”, “Les Forges du Saint-Maurice” et les séries “Des dames de coeur”, “Un Signe de feu” ou “Juliette Pomerleau”. Il a aussi composé pour le cinéma, notamment pour le “Kamouraska” de Claude Jutra.

André Gagnon a reçu de multiples récompenses de l’industrie – Félix, Juno, SOCAN.