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27/09/2020 08:17 EDT

Amy Coney Barrett, choisie par Trump, vient d'un groupe religieux aux allures de «The Handmaid's Tale»

Les médias américains évoquent les liens de la future juge de la Cour suprême avec People of Praise.

Karen Pulfer Focht / Reuters
(Photo d'illustration prise dans le Rhodes College à Memphis, Tennessee)

Donald Trump a choisi la juge conservatrice Amy Coney Barrett pour remplacer Ruth Bader Ginsburg à la Cour suprême des Etats-Unis. Si cette professeure de droit âgée de 48 ans est confirmée par le Sénat -ce qui ne fait pas de doute-  elle viendra renforcer la majorité conservatrice au sein de cette institution.

Elle qui doit succéder à la progressiste “RBG”, icône féministe décédée la semaine dernière des suites d’un cancer, est on ne peut plus éloignée de sa prédécesseur. Catholique pratiquante, mère de sept enfants et opposée par conviction personnelle à l’avortement, elle pourrait galvaniser l’électorat religieux conservateur sur lequel Donald Trump s’est largement appuyé pour se faire élire il y a quatre ans.

D’après plusieurs médias américains dont nos confrères du HuffPost US, Amy Coney Barrett a d’ailleurs des liens avec une communauté religieuse, nommée People of Praise qui pourrait avoir inspiré Margaret Atwood pour son roman dystopique “The Handmaid’s Tale” (“La Servante écarlate” en français). Cette communauté qualifiait ses membres féminins de “servantes”. 

Ses liens avec la communauté masqués depuis 2017

Comme le précise Le HuffPost américain, lorsque Donald Trump a nommé Amy Coney Barrett à la Cour d’appel des États-Unis pour le septième circuit, en 2017, Le New York Times lui a consacré un article dans lequel des membres de People of Praise assuraient que la juge et son mari faisaient partie de la communauté.

Auprès du Comité judiciaire du Sénat, elle a confirmé qu’elle avait été administratrice d’une école dirigée par ce groupe religieux. Or, selon le New York Times, pour être à ce poste, il faut être membre de la communauté. Toutes les références à la juge ont été effacées du site de People of Praise en 2017 selon le média. 

Interrogé par Le HuffPost US, le groupe n’a pas voulu confirmer ni infirmer la présence de la juge dans leurs rangs: “Comme la plupart des communautés religieuses, People of Praise laisse à ses membres le soin de décider de divulguer publiquement leur implication dans notre communauté”, peut-on lire. 

Cette institution s’est formée en 1971 à South Bend, dans l’Indiana et compte environ 1700 membres dans 22 villes des États-Unis, du Canada et des Caraïbes, selon le site du groupe. 

Argent et “chef” spirituel

People of Praise, toujours selon Le HuffPost américain, se décrit comme une communauté chrétienne “charismatique”, se référant à une forme de christianisme qui croit que des événements surnaturels -tels que les prophéties, et les guérisons miraculeuses - peuvent se produire dans la vie quotidienne grâce à l’intervention du Saint-Esprit.

L’un des principes fondamentaux de cette communauté est que les membres s’engagent à ”être là les uns pour les autres à long terme, à se soutenir les uns les autres à travers toutes les saisons de la vie”. Ils s’engagent également à donner 5% de leur revenu annuel au groupe, à suivre des principes communs et à se réunir régulièrement pour des projets de prière et de service. 

La vie dans la communauté est très hiérarchisée et organisée selon les sexes. Chaque membre a son “leader spirituel”, son “chef”, qui fait office de guide et de mentor. Ce dernier est souvent consulté pour décisions importantes dans la vie, telles que les rencontres, le mariage, l’emploi et les problèmes financiers. Le Religion News Service cité par Le HuffPost US rapporte que les femmes mariées ont pour “chef” leur mari et les femmes célibataires sont guidées par d’autres femmes leaders, les fameuses “servantes”. 

La source d’inspiration de Margaret Atwood?

Depuis quelques années le terme “servante” n’est plus utilisé par la communauté. En effet, il a pris un nouveau sens, surtout après le succès de “La Servante Écarlate” de Margaret Atwood. Dans cette dystopie, les servantes sont des esclaves sexuelles forcées de porter les enfants de leurs maîtres.

Dans une interview accordée en 1986 au New York Times, l’auteur a d’ailleurs déclaré qu’elle avait été inspirée pour son roman après avoir appris l’existence d’une “secte catholique charismatique dérivée” qui appelait les femmes des “servantes”. Elle n’a cependant pas précisé de quelle secte charismatique il s’agissait. 

Sur son site, People of Praise explique avoir cessé d’utiliser le terme pour désigner des femmes dirigeantes, reconnaissant que le sens a “changé radicalement dans notre culture ces dernières années”. Le groupe a toutefois répondu à nos confrères américains qu’“il n’y a jamais eu aucune preuve suggérant que la communauté a joué un rôle dans l’inspiration du livre de Margaret Atwood.”

“Il n’y a aucune similitude entre une communauté de foi qui reconnaît que les hommes et les femmes partagent une égalité fondamentale en tant que porteurs de l’image de Dieu et une dystopie fictive dans laquelle les femmes sont traitées comme des biens”, a-t-il assuré.

 Aux lecteurs de se faire leur avis.

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