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28/06/2019 10:15 EDT

Une Américaine enceinte blessée par balle est accusée d'homicide sur son enfant

La jeune femme qui a fait une fausse couche après avoir reçu cinq balles au ventre est accusée par la justice de l'Alabama d'avoir causé la mort de son foetus.

ASSOCIATED PRESS
Marshae Jones est accusée d'homicide après avoir fait une fausse couche à 5 mois de grossesse.

Une Américaine qui a fait une fausse couche après avoir été blessée par balle a été arrêtée et inculpée d’homicide par la justice de l’Alabama, qui lui reproche d’avoir causé la mort du foetus.

Les défenseurs du droit à l’avortement ont immédiatement apporté leur soutien à la jeune femme, estimant que son cas était révélateur de l’offensive anti-IVG en cours dans cet État conservateur et religieux du sud des États-Unis.

“Marshae Jones a été inculpée d’homicide parce que sa grossesse s’est interrompue quand elle a reçu cinq balles dans l’abdomen. Son agresseur reste en liberté. Nous allons la sortir de prison et lui apporter une assistance juridique”, a tweeté l’organisation YellowFund qui aide les femmes à accéder à l’avortement.

La jeune femme de 27 ans a été blessée par une autre femme lors d’une bagarre en décembre.

“La seule victime est ce bébé à naître”, avait alors déclaré le chef de la police locale Danny Reid, cité par le site d’information AL.com. “C’est la mère de l’enfant qui avait commencé et qui a alimenté la bagarre”, avait-il ajouté.

L’auteure des coups de feu avait initialement été inculpée par un grand jury. Mais celui-ci a finalement abandonné les charges contre elle et les a imputées à Marshae Jones, placée en détention mercredi.

L’Alabama a adopté en mai une loi interdisant l’avortement, même en cas de viol ou d’inceste, et l’assimilant à un homicide.

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Des manifestants des droits des femmes ont défilé dans la capitale de l'Alabama pour protester contre la loi adoptée sur l'avortement, le 19 mai 2019 à Montgomery, en Alabama.

Cette loi est censée entrer en vigueur en novembre, mais elle devrait être bloquée par la justice d’ici là, car elle enfreint la jurisprudence de la Cour suprême qui a légalisé l’avortement en 1973.

Avant même l’adoption de la loi, des femmes ayant fait des fausses couches après un accident de voiture ou en se droguant ont déjà fait l’objet de poursuites, a relevé la National Abortion Federation, qui soutient l’accès à l’IVG.

 

“C’est comme ça que des femmes ― surtout les femmes de couleur ― sont déjà punies et poursuivies pour la fin de leur grossesse”, a-t-elle tweeté.

Outre l’Alabama, plusieurs États conservateurs ont voté depuis le début de l’année des lois restreignant l’accès à l’avortement. Leur but est de fournir un motif à la Cour suprême de se saisir à nouveau du sujet. Ils misent sur les nouveaux juges nommés par le président républicain Donald Trump pour qu’elle revienne en arrière.