POLITIQUE
10/09/2020 08:50 EDT | Actualisé 10/09/2020 13:50 EDT

Des amendes pourront être imposées aux personnes qui ne portent pas le masque dans les lieux publics

Le gouvernement annoncera plus tard le montant des amendes qui pourront être distribuées.

Québec sonne la fin de la récréation et décide de serrer la vis aux contrevenants qui défient l’obligation de porter le masque dans les lieux publics.

Ceux qui refusent de porter un masque là où il est obligatoire, par exemple dans le métro, l’autobus, dans les commerces ou restaurants, s’exposeront à des amendes à compter de samedi.

La ministre de la Sécurité publique, Geneviève Guilbault, a indiqué sur les ondes de LCN que les amendes pourraient être entre 400 $ et 6000 $. Elle a précisé que ces montants ne sont pas finaux puisqu’ils doivent faire l’objet de discussions lors du caucus des députés de la CAQ.

Les services policiers seront invités à concentrer leurs interventions dans les zones jaunes en priorité, présentement les régions de Québec, l’Estrie, Laval et l’Outaouais. Mais c’est tout le territoire du Québec qui est visé.

“C’est le temps de sévir”, a dit le premier ministre François Legault, préoccupé par la situation, dénonçant la petite minorité “d’irresponsables” qui défient les consignes sanitaires, mettant à risque les personnes plus âgées et les gens vulnérables, tout en fragilisant le réseau de la santé.

EN VIDÉO: la conférence de presse du gouvernement

 

Le premier ministre Legault a fait cette annonce tôt jeudi matin, en conférence de presse, à Québec, entouré du ministre de la Santé, Christian Dubé, et du directeur national de la santé publique, le Dr Horacio Arruda.

Le gouvernement change donc de stratégie, puisque précédemment le fardeau reposait uniquement sur les épaules des commerçants, par exemple, qui devaient s’assurer que la consigne du masque, imposée depuis la mi-juillet, était observée, sous peine de se voir imposer une amende pouvant aller de 400 $ à 6000 $. L’approche gouvernementale avait soulevé aussitôt une levée de boucliers, les commerçants refusant d’assumer seuls l’entière responsabilité du respect de la directive.

Bars et karaoké

Il faut s’attendre aussi à une décision prochainement destinée à encadrer la tenue de karaokés dans les bars. Le ministre Dubé devrait faire une annonce à ce propos “très rapidement”, a commenté le premier ministre.

Un bar de la basse-ville de Québec, Le Kirouac, réputé pour ses karaokés a été le lieu d’une importante éclosion de COVID-19 au début du mois. Une seule soirée a entraîné plusieurs dizaines d’infections.

Le gouvernement n’est pas prêt pour autant à fermer les bars pour l’instant, mais il “n’exclut rien”, a commenté M. Legault, laissant la porte ouverte.

On ne peut pas nier que depuis quelques semaines, il y a une augmentation qui est préoccupante.François Legault, premier ministre du Québec

Il n’est pas impossible aussi que Québec intervienne pour mieux encadrer les rassemblements privés, a laissé entendre le ministre Dubé.

La conférence de presse a été tenue tôt en matinée pour ne pas interférer avec le caucus de la rentrée parlementaire des 76 députés de la Coalition avenir Québec (CAQ), réunis pour deux jours au parlement, à compter de jeudi matin.

Cette annonce survient alors qu’on observe un durcissement des positions des opposants à l’obligation de porter un masque dans les lieux publics, de même qu’une hausse marquée du nombre de cas d’infection depuis quelques semaines.

De mardi à mercredi, le Québec avait enregistré 180 nouveaux cas d’infection, portant le nombre total à 64 056 depuis le début de la pandémie, en mars.

“On ne peut pas nier que depuis quelques semaines, il y a une augmentation qui est préoccupante”, a convenu le premier ministre, qui évalue la situation actuelle encore “sous contrôle”, malgré la nette tendance à la hausse.

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