POLITIQUE
18/02/2020 15:16 EST | Actualisé 18/02/2020 15:57 EST

Des poursuites contre Alstom en cas de bris de ses engagements québécois?

François Legault s'est montré confiant pour l'avenir des opérations québécoises de l'entreprise.

ASSOCIATED PRESS

Alstom pourrait faire l’objet de «poursuites monstrueuses» si elle ne respecte pas ses engagements à l’égard du Québec après avoir acquis Bombardier Transport, a estimé mardi le premier ministre François Legault.

En mêlée de presse à l’Assemblée nationale, celui-ci a estimé que Québec pourrait intenter des recours si les promesses ne sont pas tenues, puisqu’il y aurait des conséquences pour l’économie de la province qui se “chiffrent en milliards de dollars”.

Si le géant français obtient toutes les approbations pour acquérir la division ferroviaire de Bombardier, il s’est engagé à établir à Montréal son siège social nord-américain, qui supervisera 13 000 employés. Il implantera également un centre de recherche et bonifiera la production aux sites de La Pocatière, où travaillent environ 400 employés de Bombardier Transport, et de Sorel-Tracy, où Alstom compte 90 travailleurs.

“C’est dans la constitution, c’est noir sur blanc, a dit M. Legault. Je ne vois pas pourquoi qu’Alstom ne respecterait pas son entente. Nous avons de bonnes relations avec le président d’Alstom. 

Les engagements sont fermes et ne sont pas définis dans le temps, avait fait savoir lundi la Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ), qui a été impliquée dans les négociations avec les deux multinationales puisqu’elle détient 32,5 % de Bombardier Transport.

Elle deviendra le principal actionnaire du géant français avec une participation de 18 % au terme de la clôture de la transaction, qui est prévue dans la première moitié de 2021.

“Ce sont des engagements qui sont par écrit et qui ne sont pas non plus limités dans le temps, avait expliqué le nouveau président et chef de la direction de la Caisse, Charles Émond, lundi, au cours d’une entrevue téléphonique. Ce n’est pas lié dans le temps ou à notre (seuil de participation au capital d’Alstom). C’est permanent.”

La transaction avec Alstom confère une valeur de 8,2 milliards $ US à Bombardier Transport.

Au cours d’un entretien téléphonique, lundi, le directeur général d’Alstom, Henri Poupart-Lafarge, n’avait pas laissé planer de doutes sur les intentions d’Alstom en ce qui a trait au siège social nord-américain ainsi qu’au centre de recherche.

En ce qui a trait à la production à La Pocatière et à Sorel-Tracy, celui-ci n’a pas caché que ces deux sites dépendaient grandement de leur “marché local”.

“Le Québec a lui-même beaucoup de projets ferroviaires, avait dit M. Poupart-Lafarge. Nous comptons y participer. Les deux usines peuvent également fabriquer des composantes pour certains contrats dans d’autres pays.”

En plus du projet de tramway à Québec, le gouvernement Legault souhaiterait mettre de l’avant cinq autres initiatives similaires ailleurs dans la province.

L’usine de La Pocatière, située dans le Bas-Saint-Laurent, s’affaire actuellement à livrer la nouvelle commande de voitures Azur destinées au métro de Montréal. Les exigences particulièrement élevées en matière de contenu local aux États-Unis font en sorte qu’il est difficile pour l’usine d’effectuer du travail d’envergure pour des contrats obtenus au sud de la frontière.