Alopécie, calvitie, pelade : 10 mythes et réalités sur la perte de cheveux

L'alopécie est complexe et complexante. Voici ce que vous devez savoir avant de paniquer.

Pour une raison ou une autre, vos cheveux ont tendance à fuir votre coco? Démystifions, une bonne fois pour toute, les causes et les solutions en matière de perte de densité capillaire.

1. Il est normal de perdre des cheveux. Vrai

On perd tous en moyenne de 50 à 100 cheveux par jour, et plus particulièrement lors des changements de saison. Ils sont supposés repousser naturellement. Si la perte est trop marquée et qu’on commence à apercevoir une régression, il faut consulter un médecin, un dermatologue ou un trichologiste, et prendre soin de la santé de notre cuir chevelu avec des soins appropriés.

En vieillissant, la perte de densité capillaire est tout à fait normale et est difficilement contrôlable, puisque génétique.

2. Il y a plusieurs sortes d’alopécie? Vrai.

La perte de cheveux est liée à de nombreuses causes. Il faut d’abord identifier - idéalement avec un professionnel - le type d’alopécie qui nous affecte pour bien la traiter. Voici les différents problèmes de perte de cheveux :

La calvitie masculine (oualopécie androgénétique) est marquée par un recul de la partie frontale de la chevelure et par une chute des cheveux sur le dessus du crâne. Elle serait liée à la constitution génétique et aux taux d’hormones. Elle est présente chez environ 50 % des hommes, et elle peut se manifester dès l’adolescence. Quatre hommes sur cinq seront atteints d’un certain degré de calvitie avant l’âge de 70 ans.

La calvitie féminine (ou alopécie féminine) se manifeste généralement par l’amincissement des cheveux sur le dessus du crâne (ou « couronne » du cuir chevelu). Près de 40 % des femmes de 50 ans montrent des signes de perte de cheveux. La génétique semble être un facteur, ainsi que certains effets hormonaux.

La pelade (alopécie areata) se caractérise généralement par la chute de cheveux par plaques rondes, et survient de façon aléatoire sur le cuir chevelu, le visage ou le corps. Il s’agit d’une maladie auto-immune où votre système immunitaire attaque les follicules pileux de votre corps, entraînant souvent la perte de touffes de cheveux. La pelade se manifeste sous une forme ou une autre chez 2 % des gens au cours de leur vie.

L’alopécie totalis est une forme plus grave d’alopécie areata marquée par la perte de tous les cheveux, menant à la calvitie complète.

L’alopécie universalis est la forme la plus grave de l’alopécie areata, caractérisée par la perte totale des cheveux et des poils du corps. Elle est rare, ne touchant que 1 % des personnes atteintes de pelade.

La trichotillomanie est une forme auto-infligée de cassure des cheveux et d’alopécie, causée par la torsion et le tortillement compulsifs des cheveux. Elle peut entraîner des cheveux cassés et des plaques de cheveux clairsemés. Ce type de perte de cheveux est principalement traité par la modification du comportement ou des habitudes.

L’alopécie cicatricielle fait partie d’un grand groupe de maladies qui peuvent mener à la perte définitive des cheveux ou des poils; elle affecte généralement le cuir chevelu. Ces maladies sont présentes chez environ 3 % des personnes souffrant de la perte de cheveux et elles mènent à une disparition permanente des follicules pileux qui sont remplacés par un tissu cicatriciel. Ces alopécies sont habituellement diagnostiquées par prélèvement de peau (biopsie) et nécessitent un suivi auprès d’un dermatologue. Dans la plupart des cas d’alopécie cicatricielle, la repousse des cheveux est impossible. L’objectif du traitement consiste plutôt à prévenir la progression de la maladie.

Source : Association canadienne de dermatologie

3. Les produits contre la chute de cheveux vendus en pharmacie et dans les centres de coiffure permettent la pousse de nouveaux cheveux. Majoritairement faux.

«Oui, ça va fortifier le cheveu et peut-être même donner un peu plus de volume, mais il n’y a aucune étude sérieuse sur l’efficacité des produits vendus en pharmacie en matière de repousse de cheveux. Les différents joueurs de l’industrie cosmétique font leurs propres études. Il ne faut donc pas s’attendre à un miracle, avertit le dermatologue Ari Demirjian. Souvent les gens qui disent que ça fonctionne, c’est qu’il y a un effet placebo derrière ça.»

4. Se laver les cheveux tous les jours accentue la perte de cheveux. Faux.

Moins on lave nos mèches, plus on accumule de saletés, de pollution et de sébum sur le cuir chevelu. Et plus le cuir chevelu est enseveli, moins il laisse de place aux cheveux pour pousser et se densifier.

«La peau du cuir chevelu, c’est l’extension du visage, mais couvert de poils. Accepteriez-vous de vous laver le visage une fois ou deux par semaine, non», souligne Jean-Sébastien Tremblay, spécialiste en formation chez Nioxin Canada

Selon lui, la majorité des gens souffrant d’alopécie ne traiterait pas leurs cheveux correctement, ce qui engendrerait un amincissement de ceux-ci. «Quand le cheveu est fin, il est aussi plus fragile et casse plus facilement. Souvent, les gens perdent leurs cheveux par cassure et non pas parce qu’ils tombent complètement du follicule.»

5. Commencer à appliquer des traitements densifiant plus tôt ralentit la perte de cheveux. Oui et non.

Il n’y a aucune raison d’appliquer des traitements pour fortifier les cheveux avant l’heure, tout comme il n’y a pas non plus de désavantages connus à le faire, selon les experts interviewés par le HuffPost Québec. Il est toujours bénéfique de bien nettoyer son cuir chevelu (avec des exfoliants capillaires ou des produits naturels avec une base émolliente, sans parabène et sans sulfate) pour réduire l’accumulation de sébum et lui fournir les nutriments essentiels au maintien d’une crinière en santé.

Si on commence toutefois à constater une perte anormale, il faut agir le plus vite possible. «Le cheveu a différentes phases de vie et il est important d’agir pendant la phase de dérèglement pour réveiller la cellule souche du cheveu, indique Elisabeth Gagnon, formatrice chez Phyto Paris. Quand on est loin dans le débalancement, qu’on a la tête de Martin Matte, il n’y plus rien à faire.»

6. N’importe quel traitement vendu en pharmacie peut donc m’aider avec mon problème de perte de cheveux. Faux.

Selon Suzanne Donofrio, cofondatrice du réseau Capilia spécialisé en trichologie: «il n’y a pas de mauvais traitement, juste des mauvais diagnostics. Va pas mettre un traitement à 250$ sur une tête qui est l’équivalent d’une couche d’asphalte. Il faut que tu aies une terre propice et dégagée, pis on engraisse pour avoir un beau gazon», illustre-t-elle.

Autrement dit, une évaluation de la santé générale, de celle du cuir chevelu et du type de perte par un professionnel est essentielle pour obtenir un plan de traitement adéquat et une repousse optimale. Encore là, une prise en charge précoce s’avèrera probablement favorable.

7. La chute de cheveux causée par un stress émotionnel est la plus difficile à corriger. Vrai.

«Quand la cause est physique, par exemple quelqu’un qui perd ses cheveux après avoir fait de l’anémie, on corrige son taux de fer, puis la chute va s’estomper. Mais, quand c’est lié à une cause émotionnelle, un choc, une anxiété continue, ça a un impact sur le corps. Il faut d’abord gérer le stress avant de penser à gérer la perte de cheveux, sinon ça va revenir sans cesse et on ne réglera jamais le problème», explique Dr Demirjian.

8. Les médicaments oraux contre la perte de cheveux viennent automatiquement avec des dysfonctions sexuelles? Majoritairement faux.

Le finastéride (Propecia ou Proscar), le dutastéride (pour les hommes) et spironolactone (Aldactone - pour les femmes) sont les traitements les plus efficaces pour la grande majorité des patients, mais certains n’osent pas les essayer en raison des possibles effets secondaires de nature sexuelle, comme une baisse de la libido ou des troubles de l’érection.

Les essais cliniques du laboratoire Merck, à l’origine du Propecia, montrent par exemple que le médicament a affecté la libido de 1,8 % et l’érection de 1,3% des patients. À titre indicatif, dans cette même étude, 2,1% des hommes du groupe placebo avaient signalé les mêmes effets indésirables. La probabilité d’en souffrir reste donc mince.

9. Utiliser différents produits pour la perte de cheveux en même temps ne peut être que bénéfique. Faux.

Selon le Dr Ari Demirjian, il n’y a pas de danger à utiliser divers produits de marques différentes simultanément, si ce n’est que de légers risques d’irritation ou de réactions allergiques à force de mélanger les ingrédients actifs.

Pour un effet optimal, par contre, il vaut mieux appliquer sur nos mèches que des produits de la même gamme. «La clé du succès, c’est la cohérence et la synergie entre les produits, croit fermement Suzanne Donofrio de Capilia. Dans le protocole de chaque marque, tout a été pensé pour que le tout se complémente, de l’avant à l’après-shampoing. T’es mieux de finir ton traitement, quitte à changer le mois prochain, surtout quand tu as une condition à traiter.»

Elisabeth Gagnon de Phyto Paris abonde dans le même sens. «Si tu veux t’entêter à prendre un shampoing [NDLR : d’une marque commerciale connue], ce n’est pas dramatique, mais attends-toi pas à des résultats.»

10. Les injections de Plasma riche en plaquettes (PRP) ne sont bénéfiques que pour le visage. Faux.

Aussi connu sous le nom de Vampire Lift, le PRP consiste à stimuler la régénération des tissus en injectant le plasma issu de son propre sang centrifugé, qui devient alors riche en nutriments. La procédure permet de repulper la peau, mais également de stimuler les cheveux «en dormance».

«Ça fonctionne réellement. J’en fais souvent et je vois des résultats significatifs avant-après, témoigne le dermatologue Ari Demirjian. Ça, jumelé à du Rogaine [NDLR : un traitement à base de minoxidil], c’est gagnant et ça peut nous sauver d’une greffe douloureuse. Mais c’est réservé aux gens avec une perte de légère à moyenne. Il faut que le follicule pileux soit viable, sinon, s’il est mort, le PRP ne changera rien.»

Les solutions communes

(De la moins invasive à la plus invasive)

  • Adoption de saines habitudes de vie;
  • Utilisation de shampoing anti-chute;
  • Exfoliation capillaire maison;
  • Traitement pour augmenter la densité capillaire à la maison ou en salon;
  • Traitement au minoxidil (Rogaine) ou autres lotions topiques prescrites selon le type de perte de cheveux;
  • Traitements de trichologie (science du cheveu) parfois au laser ou à la lumière infra-rouge - Chez Capilia, par exemple;
  • Injection de Plasma riche en plaquettes (PRP) au niveau du cuir chevelu. Il s’agit d’une procédure esthétique qu’on peut faire dans les cliniques médico-esthétiques;
  • Prise de médicaments oraux (avec effets secondaires) prescrits par un médecin;
  • Greffe capillaire.

Les bons comportements

  • Éviter le port de casquette ou de chapeau serré;
  • Employer un shampoing doux et densifiant;
  • Ne pas trop espacer les shampoings pour garder un cuir chevelu bien propre;
  • Masser le cuir chevelu avec des huiles essentielles ou de l’huile de ricin;
  • Limiter l’emploi de produits coiffants;
  • Éviter de se jouer dans les cheveux ou de nouer ses cheveux trop serrés.

On a testé 3 traitements anti-chute commerciaux

René Furterer - Triphasic progressive

Ce programme de densification des cheveux, qui s’étire sur trois mois et qu’on peut réitérer deux fois par année, aide à nourrir et fortifier le cheveu en purifiant notamment le cuir chevelu. Grâce à des actifs naturels provenant de plantes - dont certains extraits brevetés par la marque -, on sent effectivement que le produit liquide pénètre rapidement le cuir chevelu et l’apaise rapidement au passage. Quant aux résultats après le rituel de trois mois, on est mitigé. On sent effectivement que notre cuir chevelu est en santé, que notre capital capillaire est un peu plus fort, sauf pour les cheveux à l’avant - les plus fragiles - qui demeurent cassants.

Nioxin - Ensemble de soin Système #1 pour cheveux légèrement clairsemés

Nioxin tient sa promesse en densifiant nos cheveux significativement avec son système en trois étapes : shampoing, revitalisant et tonique après-shampoing. Composée notamment d’acide salicylique pour enlever l’accumulation de sébum, et de menthol qu’on sent particulièrement lors de l’application du revitalisant, la gamme nous a donné des mèches fortes en quatre petites semaines, faisant rétrécir l’écart entre nos cheveux, donnant une impression de tête un poil plus fournie. Dans le Système 1, l’après-shampoing est en gel. Ceux qui ont de longs cheveux, préféreront peut-être une formule plus liquide pour atteindre plus facilement le cuir chevelu, sans laisser de traces sur les pointes.

L’Oréal Professionnel - Serioxyl

Serioxyl Denser hair stimule le bulbe du cheveu grâce à l’huile de ricin, au néohespéridine et à la molécule brevetée stémoxydine. On apprécie sa texture liquide qui pénètre directement dans le cuir chevelu, ainsi que son agréable parfum. Après quelques semaines d’utilisation, nous n’avons pas remarqué de changement particulier par rapport à la densité de nos cheveux, mais ils semblaient plus sains, enduits d’un beau lustre et dépourvus de frisottis. En gros, le traitement fait une belle tête, mais ne devrait pas mettre fin à un problème de chute. Le produit contient de l’alcool et de l’acide citrique, on le déconseillerait donc à ceux qui ont le cuir chevelu irrité ou facilement irritable.