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14/09/2020 15:59 EDT | Actualisé 14/09/2020 16:12 EDT

L’allergie aux arachides pourrait avoir trouvé son traitement

Un essai clinique en phase 3 jugé concluant donne de l’espoir aux personnes allergiques aux arachides.

ASHRAF SHAZLY / AFP
175 jeunes Européens de 4 à 17 ans ont été testés

Peau qui cloque, gorge qui enfle, crampes, vomissements ou étourdissements: avaler une simple cacahuète peut s’avérer fatale pour une personne allergique, même en cas d’exposition à très faible dose. Un essai clinique testé en phase 3 réalisé dans dix-huit hôpitaux européens pourrait insuffler de l’espoir aux anxieux des cantines, des restaurants, des goûters ou des fêtes d’anniversaire. 

Dans la revue médicale The Lancet Child & Adolescent Health, des scientifiques ont publié ce samedi 12 septembre les résultats d’un essai clinique en phase 3 évaluant une stratégie de désensibilisation par exposition à des doses croissantes d’allergènes. Et d’après eux, le traitement d’immunothérapie orale pourrait réduire le nombre d’événements graves liés à une exposition aux arachides. 

Pour cette étude, les chercheurs ont enrôlé 175 jeunes européens âgés de 4 à 17 ans et allergiques aux arachides. 132 des enfants et adolescents, soit les trois quarts des jeunes participants, ont bénéficié du traitement expérimental, ingérant durant neuf mois des doses croissantes d’AR101, une molécule dérivée des protéines d’arachide. Le quart restant (43 personnes) a reçu un traitement placebo durant la même période, afin de servir de comparaison à l’expérience. Pendant les six premiers mois de l’essai, les doses d’AR101 ont été augmentées progressivement, jusqu’à atteindre une quantité de 300 mg. 

«L’une des plus grandes opportunités de ma vie»

Les résultats sont concluants: alors que seuls 2% des participants sont placebo n’ont manifesté aucune réaction allergique lors de l’expérience finale, ce taux est monté à 58% pour les bénéficiaires de l’AR101.

«Le traitement conduit à une désensibilisation rapide aux protéines d’arachide», se sont félicités les auteurs de l’étude. Ils avertissent néanmoins: le traitement n’a pas de fonction curative. L’objectif est de réduire les réactions graves liées à une exposition accidentelle aux noix. Pas question, donc, pour les personnes allergiques, de manger du beurre de cacahuètes librement et en quantité. 

De nombreuses publications 

«Participer à cette étude a été l’une des plus grandes opportunités de ma vie», s’est réjoui James Redman, interrogé par le quotidien britannique The Times. «Les infirmières et les médecins ont été compétents et attentionnés. Le goût de la protéine ne m’a pas perturbé, puisqu’elle était mélangée à du flan au chocolat!», poursuit le jeune homme de 12 ans. Et de conclure: «J’espère que l’étude donnera lieu à un traitement pour que d’autres personnes allergiques puissent en bénéficier». 

Il ne s’agit pas du premier essai clinique visant à désensibiliser les personnes allergiques aux cacahuètes. Au contraire, les stratégies de désensibilisation à des doses croissantes d’allergènes ont fait l’objet de nombreuses publications cette année. En 2018 notamment, des scientifiques qui avaient publié leurs travaux dans le New England of Medecine (NEJM), avaient conclu à l’efficacité de l’AR101 pour réduire les réactions allergiques. 

Ce texte a été publié originalement sur le HuffPost France.