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02/11/2019 13:00 EDT | Actualisé 02/11/2019 13:05 EDT

«Aller de l'avant» de Mario Jean: la patience finit par payer

Le nouveau spectacle de l'humoriste risque d'en surprendre plus d'un...

Courtoisie

C’était soir de première pour Mario Jean, ce vendredi 1er novembre. L’humoriste présentait son sixième one-man-show, Aller de l’avant, à L’Étoile Banque Nationale du Quartier DIX30, à Brossard.

Évidemment, le vétéran n’a pas raté sa chance de taquiner les spectateurs originaires de Montréal présents dans la salle, soulignant que ces derniers ont pu, pour une fois, voir un spectacle sans quitter leur domicile des heures à l’avance pour trouver une place de stationnement, et sans se ruiner pour payer ladite place.

Dans ce spectacle direct, sans personnage, et misant sur une mise en scène plutôt sobre, Mario Jean fait le point sur sa vie, lui qui a désormais sa carte de la FADOQ, et sa vision parfois sceptique des nouvelles tendances et réalités qui l’entourent.

Il faut toutefois faire preuve d’un peu de patience avant de voir le discours de l’humoriste atteindre la cible.

Mario Jean a évidemment un ton et un débit reconnaissables entre mille qui, quoique généralement efficaces, ne sont pas nécessairement les plus propices pour effectuer une entrée en matière fracassante, surtout dans un spectacle aux divisions assez sommaires.

L’humoriste va d’abord là où on l’attend pour prendre ses aises et décocher quelques bonnes flèches.

Mais le principal intéressé semble aussi chercher son rythme, et certains segments de la première partie ont tendance à s’étirer quelque peu en longueur. C’est particulièrement le cas du numéro portant sur imbécillité humaine - et animale! - et de celui relatant un récit de voyage tournant autour d’une valise perdue.

Mais en même temps, Mario Jean positionne petit à petit ses pions pour mieux s’en servir un peu plus tard.

Une deuxième partie beaucoup plus relevée

La deuxième moitié d’Aller de l’avant, dans laquelle Mario Jean traite, entre autres, de ses appréhensions face à la retraite, de Facebook, cet outil de vieux, du jogging, des Résidences Soleil, du viagra, des enfants qui ne décollent pas de la maison, en plus d’un numéro hilarant sur Pierre-Yves McSween, se révèle ainsi beaucoup plus articulée.

La ligne directrice du spectacle est soudainement claire, le rythme est efficace, et les gags plus inspirés.

Même un running gag tournant autour de la tentative (infructueuse) de l’humoriste de ne pas sacrer durant son one-man-show finit par faire mouche, ce dernier utilisant cette idée d’une manière de plus en plus habile, et surtout avec modération.

Mario Jean nous fera toutefois craindre le pire lorsqu’il affirme d’une voix faussement émotive et mal à l’aise qu’il est «un homme hétérosexuel qui aime les femmes», comme s’il devait se justifier dans un monde chamboulé par la rectitude politique et les nombreux scandales qu’on connaît.

Mais plutôt que de sombrer facilement dans les blagues de mononcle dépassé par les temps modernes, l’humoriste livre plutôt un discours senti et juste sur l’affirmation identitaire et le consentement sexuel, concluant sur un numéro aussi désopilant qu’inattendu sur les «dick pics».

Et c’est ainsi que Mario Jean crée, d’une certaine façon, la surprise avec Aller de l’avant. Certes, ce dernier traite de sujets et signe des gags auxquels nous pouvions nous attendre, mais en prenant souvent un angle inattendu.

Une maturité et un discernement qui font d’Aller de l’avant une nouvelle proposition qui fera rire aux éclats le public cible de l’humoriste, mais qui saura aussi en surprendre plusieurs.

Aller de l’avant de Mario Jean sera présenté aux quatre coins du Québec. Cliquez ici pour tous les détails.

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