POLITIQUE
11/05/2020 10:31 EDT | Actualisé 11/05/2020 14:58 EDT

Avec l'abandon d'Alexandre Cusson, Dominique Anglade est couronnée cheffe du PLQ

L’ancien maire de Drummondville a annoncé lundi matin qu'il se retirait de la course à la direction du Parti libéral.

Jacques Boissinot/La Presse canadienne
Dominique Anglade a été la première candidate à se présenter dans la course au leadership du PLQ. (photo d'archives)

Coup de théâtre au Parti libéral du Québec (PLQ), lundi, alors que Dominique Anglade a été proclamée cheffe du parti après le désistement surprise d’Alexandre Cusson de la course au leadership.

En accédant au poste de cheffe du PLQ, la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne cumule les premières: première femme candidate au leadership du PLQ de toute l’histoire du parti, première femme à en devenir la cheffe et première personne issue d’une communauté culturelle à diriger le PLQ.

Elle succède donc officiellement à Philippe Couillard et deviendra par le fait même cheffe de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale, poste qui était occupé sur une base intérimaire par le député Pierre Arcand.

Le changement de cap s’est effectué à la vitesse de l’éclair au PLQ, lundi matin, quand on croyait encore qu’il y avait une course au leadership, opposant Mme Anglade et M. Cusson, même si la course avait été mise sur pause en mars en raison de la pandémie de coronavirus.

Le désistement, lundi matin, de l’ancien maire de Drummondville a complètement changé le cours des choses.

L’exécutif du parti s’est réuni en catastrophe et en est venu à la conclusion qu’en vertu des règles du jeu fixées par la formation politique et par la loi électorale, Mme Anglade, seule candidate en lice, devait être proclamée cheffe.

Ministre de l’Économie dans le cabinet Couillard, ingénieure de formation, née de parents d’origine haïtienne, elle a aussi été vice-première ministre. Avant de se porter candidate pour le PLQ, elle avait été candidate de la Coalition avenir Québec (CAQ) en 2012 et présidente de ce parti brièvement.

Pourtant, pour susciter l’intérêt des médias envers le parti et provoquer un débat d’idées sur son avenir, le PLQ voulait, à tout prix, éviter un couronnement. Il aura échoué.

M. Cusson, qui était entré dans la course plusieurs mois après Mme Anglade, disait lundi souhaiter que le parti annule carrément la course. Son voeu a été exaucé.

Pour justifier son retrait de la course au leadership, il invoquait des considérations monétaires.

 

Dans un long message publié lundi matin sur sa page Facebook, il a expliqué que la pandémie de la COVID-19 a forcé le parti à revoir son échéancier et à reporter l’élection du chef, le plaçant dans une position difficile sur le plan financier.

Pour se porter candidat, l’ancien maire de Drummondville avait d renoncer aux différents postes qu’il occupait dans le milieu municipal et à plusieurs sources de rémunération. Il n’avait plus aucun revenu depuis des mois.

Dans son entourage, on indique que sa décision n’est pas reliée à un désintérêt de sa part, ni à un manque d’appuis des membres.

C’est la pandémie, affirme-t-il, et son impact sur la durée de la course, qui auront finalement eu raison de son désir de devenir chef du Parti libéral du Québec.

Selon lui, il aurait été “irréaliste et irresponsable” d’envisager une reprise de la course au leadership avant 2021. Et sur le plan de ses finances personnelles, ce délai n’était pas “envisageable”.

Et même si le PLQ avait reporté sa course à 2021, il n’aurait pas été sur les rangs.

Il a informé son équipe de sa décision dimanche soir.

En raison de la pandémie, “le Parti libéral du Québec n’a d’autre choix que d’annuler la course”, selon lui, ”à court ou moyen terme”.

M. Cusson, qui avait mené à ce jour une campagne très discrète, va donc mettre son CV à jour et se mettre à la recherche d’un emploi. N’étant pas indépendant de fortune, “je me dois de gagner ma vie”, affirme-t-il dans son message.

L’ancien candidat ne tourne pas pour autant le dos au PLQ. Il réaffirme sa loyauté au parti qui est appelé ”à un nouveau départ et constitue un véhicule privilégié pour faire avancer le Québec au niveau de la transition écologique, du développement économique et social de même que de la reconnaissance des spécificités régionales”.