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26/06/2019 15:35 EDT

Air Canada a refusé d'agir après un incident raciste, clame une passagère

La compagnie aérienne affirme s'intéresser de près à cet événement «hautement préoccupant».

Sonamjeet Narwan/Courtoisie
Sonamjeet Narwan aurait été la cible de remarques racistes de la part d'une autre passagère, alors qu'elle attendait pour monter à bord d'un vol d'Air Canada, mardi.

Sonamjeet Narwan attendait d’embarquer à bord d’un vol d’Air Canada quand elle a été la cible de remarques racistes «explicitement immondes», que la compagnie aérienne a géré d’une manière «horrible», raconte la jeune femme.

La citoyenne britannique de 28 ans affirme qu’elle attendait en ligne mardi matin à Washington, pour un vol en direction de Toronto, lorsqu’une femme a dépassé plusieurs personnes. Lorsque Sonamjeet Narwan et un autre passager ont demandé à la femme d’attendre son tour et de respecter la file, cette dernière aurait roulé des yeux et aurait répliqué à la jeune femme de retourner dans son pays.

«Elle a dit qu’elle connaissait bien mon genre. Quand je lui ai demandé ce qu’elle voulait dire, elle a répondu: ″une barbare du 11 septembre″ (″you’re a 9/11 bloodsucker″).»

«Je ne suis pas musulmane, mais ce n’est pas la question, clame-t-elle. C’est évident que tous les musulmans ne sont pas des terroristes, et toutes les personnes ayant le teint foncé ne forment pas un groupe homogène... Même si j’avais été musulmane, cela aurait été explicitement immonde et raciste.»

Sonamjeet Narwan, qui vit à Sao Paulo au Brésil, a partagé cette histoire avec le HuffPost Canada via WhatsApp, alors qu’elle était à bord d’un autre vol, un peu plus tard, mardi. C’est sa soeur, Gurpreet Narwan, qui avait interpellé Air Canada sur Twitter à propos de cet incident.

«Air Canada, au cours des trois dernières heures, vous avez répondu à des plaintes à propos de votre site internet et à des demandes pour changer de siège, mais vous avez ignoré ma question à propos de votre politique sur le harcèlement racial. Si vous êtes le moindrement préoccupés par la question, vous pouvez commencer par m’écrire en privé pour me demander plus de détails sur cet incident», a-t-elle écrit. 

Air Canada affirme que cet incident est «hautement préoccupant», et qu’elle s’y intéresse de près. 

«La passagère incommodée a pu passer en classe affaires et le personnel à bord de l’avion a fait tout en son possible pour la rassurer», a déclaré au HuffPost Canada un porte-parole de la compagnie, Peter Fitzpatrick.

Sonamjeet Narwan confie qu’elle a accepté de prendre un siège à l’avant de l’appareil pour s’assurer d’être loin de la femme qui l’avait insultée.

Dans ses règles générales pour le tarif international, Air Canada stipule que les passagers ne peuvent en aucun temps avoir une conduite abusive, offensante, menaçante, intimidante, violente ou autrement désordonnée. Si les employés jugent qu’il y a une possibilité qu’un passager mette en péril la sécurité ou le confort des autres, ils peuvent lui refuser l’accès à bord de l’avion ou exiger qu’il respecte «certaines conditions de probation».

Sonamjeet Narwan affirme que l’incident s’est déroulé devant des employés d’Air Canada, qui l’ont délibérément ignoré. En larmes, la jeune femme aurait demandé que la femme qui l’avait insultée ne soit pas sur le même vol qu’elle, puisqu’elle se sentait très inconfortable.

«Elle avait les bras croisés fermement et me fixait avec un sourire arrogant et hostile, raconte Sonamjeet Narwan. Je lui ai demandé d’arrêter de me fixer, et elle a refusé.»

 Selon la jeune femme, les employés d’Air Canada lui ont dit qu’elle devait d’abord rapporter l’incident à la police, ce qu’elle a fait. L’officier à qui elle a parlé lui a dit que, puisqu’aucune agression physique n’avait eu lieu, il revenait à la compagnie aérienne de décider si elle acceptait la passagère à bord de l’avion. Air Canada confirme que la police a été impliquée et qu’aucune action ne s’en est suivie.

Sonamjeet Narwan affirme que les employés d’Air Canada lui ont dit que bien que cet incident soit «méprisable» et «ouvertement raciste», cela n’était pas illégal, et que, en conséquence, la passagère serait autorisée à prendre place à bord de l’avion. Ils ont offert à la jeune femme de prendre un autre vol.

«Ce n’était pas une option, par principe, confie-t-elle. Quel genre de message cette compagnie aérienne envoie-t-elle si elle place le fardeau sur le dos de la victime, alors qu’elle autorise (l’autre femme) à s’en tirer à bon compte?»

Sonamjeet Narwan est montée à bord de l’avion, choquée. Désormais, elle est déterminée. «Je veux que la compagnie aérienne reconnaisse que la façon dont elle a géré cet abus est rien de moins qu’horrible», insiste-t-elle.

Ce texte initialement publié sur le HuffPost Canada a été traduit de l’anglais.

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