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29/07/2020 15:00 EDT

Le manque d'abeilles pollinisatrices limite les récoltes, conclut une étude

Le professeur Bobiwash rappelle que des recherches antérieures avaient démontré que certaines fermes où les cultures avaient une meilleure pollinisation augmentaient leurs rendements de 30 %.

Le manque d’abeilles sauvages et d’abeilles mellifères “domestiquées” limite la pollinisation et les rendements de certaines cultures dans les fermes de la Colombie-Britannique et des États-Unis, selon des chercheurs.

Leur étude, publiée mardi dans la revue “Biological Sciences” de la Royal Society britannique, a utilisé les données de plus de 130 fermes pour évaluer la pollinisation des fleurs des cultures et le rendement des pommes, des bleuets, des cerises douces et acidulées, des amandes, des citrouilles et des melons d’eau – des aliments riches en vitamines et en nutriments.

L’étude a révélé que cinq de ces cultures présentaient souvent des preuves de la pénurie de pollinisateurs, ce qui suggère que la protection des abeilles sauvages et un investissement accru dans les colonies d’abeilles mellifères seraient susceptibles d’augmenter les rendements agricoles.

Les chercheurs notent que les cultures qui dépendent des pollinisateurs génèrent plus de 50 milliards $ US chaque année aux États-Unis et que la diminution des populations d’abeilles soulève des inquiétudes quant à la sécurité alimentaire dans les années à venir.

Ce sont les bleuetières de la Colombie-Britannique qui ont été parmi les plus touchées par une pollinisation limitée, a noté Kyle Bobiwash, coauteur de l’étude et professeur adjoint au département d’entomologie de la Faculté de sciences agricoles et alimentaires de l’Université du Manitoba.

Le professeur Bobiwash rappelle que des recherches antérieures avaient démontré que certaines fermes où les cultures avaient une meilleure pollinisation augmentaient leurs rendements de 30 %. “Cela représente des milliers et des milliers de dollars l’acre, simplement parce qu’ils avaient des populations d’abeilles juste un peu meilleures que les autres fermes.”

Une meilleure pollinisation peut également produire des bleuets plus lourds, plus juteux et probablement plus savoureux, a-t-il déclaré. “Si on a beaucoup de pollen (...) on revigore vraiment ce bleuet et on obtient tous ces processus biochimiques. Donc, le bleuet va faire plus d’eau (et) de sucre, va produire plus de métabolites secondaires, qui sont ces petits composés aromatiques.”

Or, la demande mondiale de cultures qui dépendent des pollinisateurs a augmenté alors que le développement de ces cultures réduit souvent l’habitat des abeilles, rappelle aussi le professeur Bobiwash. Sans compter le changement climatique, qui pourrait affecter la relation étroite entre les plantes et les pollinisateurs, dit-il.

“Lorsque les températures augmentent, les plantes peuvent réagir en fleurissant plus tôt (et) les abeilles pourraient réagir en émergeant plus tôt. Mais ce n’est pas garanti”, a noté M. Bobiwash: la plante pourrait aussi fleurir avant que n’arrivent ses pollinisateurs habituels.

Pour augmenter la pollinisation et le rendement des cultures, il ne suffit pas toujours d’amener simplement plus de ruches sur les fermes, ajoute l’entomologiste. Certaines cultures répondent le mieux aux abeilles mellifères, comme les amandes en Californie, mais d’autres bénéficient le plus des abeilles sauvages.

Les résultats de l’étude soulignent donc l’importance de protéger et d’améliorer l’habitat de ces abeilles sauvages, notamment en conservant des fleurs sauvages et certaines mauvaises herbes que les agriculteurs éliminent habituellement de leurs champs, conclut M. Bobiwash.