BIEN-ÊTRE
21/08/2019 14:21 EDT | Actualisé 21/08/2019 14:23 EDT

4 choses que vous pensiez savoir sur le VPH

Le cancer du pénis ou de l'anus? Oui, ça se peut.

Rob Lewine via Getty Images
Au Québec, les filles et les garçons reçoivent le vaccin contre le VPH pendant la quatrième année du primaire.

«Vous risquez de faire partie de la règle, et non de l’exception». Voilà ce que répète chaque jour la Dre France Leduc, obstétricienne-gynécologue à l’Hôpital Cité-de-la-Santé de Laval, à ses patientes, pour les sensibiliser à l’importance de se protéger contre le virus du papillome humain (VPH). 

On en entend souvent parler, et une grande partie de la population dit être au courant de ce dont il s’agit (72%), selon un nouveau sondage. Pourtant, ce sondage mené par Léger, et dont les données sont publiées aujourd’hui, révèle également que de nombreuses fausses idées circulent encore à propos du VPH, qui peut causer le cancer du col de l’utérus. Voici donc quatre choses que vous pensiez savoir sur le VPH, mais qui dans les faits, sont un peu différentes de ce que vous vous imaginiez...

1. Non, le cancer du col de l’utérus n’est pas héréditaire

Pourtant, une femme sur cinq le croit, si on se fie au sondage Léger. 

«Le cancer du col de l’utérus est causé par une infection, il n’est donc pas lié à la génétique, explique la Dre France Leduc, qui participe à la nouvelle campagne de sensibilisation «Parlons VPH». Il ne faut donc pas penser que si on n’en a pas dans sa famille, on n’a pas de chances de l’avoir.»

Selon elle, la confusion vient peut-être du fait que certains types de cancers du sein et des ovaires (donc typiquement féminins) sont effectivement héréditaires.

Il existe plus d’une centaine de types de VPH. Certains d’entre eux peuvent causer des verrues génitales, ou des condylomes, alors que d’autres peuvent causer un cancer, le plus répandu étant le cancer du col de l’utérus.

 

2. Le VPH peut aussi causer des cancers chez les hommes

Le cancer du col de l’utérus est le plus fréquent chez les personnes qui contractent le VPH, mais il n’est pas le seul. Le virus peut également mener à un cancer de la bouche, de la gorge, de la vulve, de l’anus ou du pénis, explique la Dre Leduc.

C’est que le VPH est très contagieux. Un contact peau à peau avec une région infectée, au cours de relations génitales, anales ou orales a donc beaucoup de chances de transmettre le virus. Et même si le condom est un bon moyen de réduire les risques de contracter le VPH (ou beaucoup d’autres ITSS), cela ne garantit pas une absence de contact avec toutes les zones contaminées.

«Plus on dépiste les conséquences de façon précoce, plus vite on peut faire un traitement et empêcher que ça devienne un cancer», précise la Dre Leduc.

Il faut toutefois préciser que les deux tiers des cancers causés par le VPH touchent les femmes.

3. Vous êtes à risque même si vous êtes dans une relation stable

Nous ne voulons pas nécessairement pas dire par là que votre compagnon ou votre compagne est infidèle... Mais il faut savoir que beaucoup de personnes porteuses du VPH n’ont aucun symptôme. 

«Des fois, le virus peut ressortir dix ans après que la personne ait été en contact avec lui», insiste France Leduc.

Le sondage mené par Léger révèle d’ailleurs que le fait d’être dans une relation stable est la principale raison pour laquelle les femmes ne sont pas vaccinées contre le VPH, et pensent qu’elle n’ont pas besoin de l’être (58%).

4. Vous devriez vous faire vacciner même si vous avez déjà été infecté(e) par le VPH

Selon la Dre Leduc, les études ont démontré que même pour une personne ayant déjà contracté le virus, la vaccination améliore le système immunitaire, ce qui peut empêcher de développer le cancer du col de l’utérus après une infection au VPH.

De plus, il existe plus d’une centaine de types de VPH. Vous pourriez donc en contracter un différent. Le vaccin protège contre neuf types de VPH. Deux d’entre eux sont responsables de la majorité des verrues génitales, alors que les sept autres peuvent causer le cancer. Le vaccin est efficace à 90% contre ces conséquences indésirables.

 

Actuellement, au Québec, tous les élèves sont vaccinés contre le VPH en quatrième année du primaire, garçons et filles (à moins que leurs parents ne s’y opposent). Des études démontrent qu’il y a un avantage important à vacciner les jeunes avant leur premier contact sexuel, souligne la Dre Leduc. Ceux qui ne l’auraient pas reçu à l’école peuvent le recevoir gratuitement jusqu’à l’âge de 18 ans. Il est toujours possible de le recevoir par la suite, mais cela n’est plus couvert par le Programme québécois d’immunisation. Toutefois, la majorité des assureurs privés le couvrent, ajoute la Dre Leduc.

Cela fait plus de dix ans que le vaccin est administré aux élèves de quatrième année, et on remarque déjà des résultats très positifs. 

«Déjà, en clinique, on voit que ces jeunes filles-là ont beaucoup moins de verrues génitales et moins de lésions cancéreuses du col de l’utérus», affirme France Leduc.

Le sondage Léger révèle qu’au Québec, une femme sur cinq est vaccinée contre le VPH. 

«On peut extrapoler que les femmes non vaccinées plus âgées. Ce sont elles qu’on essaie de rejoindre aujourd’hui», précise la Dre Leduc.

Chaque année, au Québec, environ 300 femmes se font diagnostiquer un cancer du col de l’utérus. «C’est l’ITSS la plus répandue au Québec, et dans le monde», rappelle la Dre France Leduc.

Quelques conseils

  • Utiliser un condom en latex pendant les relations sexuelles, même si cela ne protège pas à 100% contre le VPH
  • Cesser de fumer: le tabagisme peut rendre certaines femmes plus susceptibles d’être atteintes d’un cancer du col de l’utérus si elles ont été infectées par le VPH
  • Vous faire vacciner, si vous ne l’êtes pas déjà
  • Mesdames: faire un dépistage (le fameux test Pap) tous les deux ou trois ans, et ce, même si vous êtes vaccinée, puisque le vaccin ne protège pas contre toutes les souches du virus