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26/04/2017 10:26 EDT | Actualisé 27/04/2017 10:34 EDT

Les femmes en radio parlée, le dernier tabou?

Si monsieur Parent pense que les femmes sont des «turn off», il s'agit de son opinion personnelle. Ce n'est certainement pas en tenant ce genre de propos en ondes que nous favoriserons la venue d'un plus grand de femmes en radio parlée.

Lundi, c'est avec étonnement que j'ai pris connaissance des propos de l'animateur du FM93 Gilles Parent sur les femmes à la radio. Étant moi-même chroniqueuse politique à Énergie 98.9, je me suis sentie interpellée par ses propos que je juge injustes envers les femmes.

L'animateur Gilles Parent affirme ce qui suit: «Le problème, c'est que la plupart du temps, dans les affaires publiques, quand j'écoute des filles, pour moi, c'est un turn off presque partout».

Si monsieur Parent pense que les femmes sont des «turn off», il s'agit de son opinion personnelle. Ce n'est certainement pas en tenant ce genre de propos en ondes que nous favoriserons la venue d'un plus grand nombre de femmes en radio parlée et que nous pourrons défendre le bilan des radios de Québec devant ses détracteurs.

L'animateur dit avoir parlé à certaines femmes qui lui auraient mentionné qu'elles n'aimaient pas «brasser» ou «se faire haïr». Décidément, Gilles Parent aime généraliser. Personnellement, je ne me considère pas dans cette catégorie. La preuve? Je suis en train d'écrire un texte pour lui répondre qui suscitera sans doute des réactions positives... et négatives.

Je relève également une contradiction dans les propos de l'animateur. D'un côté, il dit qu'il n'a pas vu beaucoup de femmes qui sont au premier plan dans l'animation d'une émission en 38 ans de carrière. Mais de l'autre côté, il affirme qu'on leur a donné la chance de faire leurs preuves. Il enchaîne par la suite en disant ceci: «Il y en a des filles dans les radios parlées en ce moment. Est-ce que ce sont des filles incontournables quand vous écoutez ça?»

Deux questions me viennent à l'esprit quand j'entends de tels propos. Premièrement, s'il y a eu si peu de femmes à la barre d'émissions de radio, peut-on vraiment affirmer qu'on nous a laissé une chance? Deuxièmement, faut-il conclure que les femmes ne sont pas destinées à réussir en radio, parce que, de toute façon, elles sont «turn off» et qu'elles ne sont pas incontournables?

Les commentaires de Gilles Parent ne sont certainement pas flatteurs pour toutes les animatrices et chroniqueuses qui discutent des affaires publiques actuellement à la radio à Québec.

Les commentaires de Gilles Parent ne sont certainement pas flatteurs pour toutes les animatrices et chroniqueuses qui discutent des affaires publiques actuellement à la radio à Québec. Je pense entre autres aux Myriam Ségal, Catherine Lachaussée, Nathalie Normandeau, Sophie Durocher, Josée Morissette, Élisabeth Crête, Catherine Bachand, Karen Paquet, Josey Arsenault, et j'en passe.

Les femmes ont leur place en radio. Elles ne sont pas moins intéressantes que les hommes. Peut-être que leur style est différent, mais il n'en est pas moins pertinent. De plus en plus d'auditeurs sont critiques du genre d'animation où le seul but est de brasser la cage. Il n'y a pas qu'une seule radio. Il y a des radios et la diversité des animatrices et animateurs doit refléter cette tendance.

En conclusion, je dirais que je suis d'accord avec Gilles Parent sur un point: il n'y a pas eu assez de femmes dans les dernières décennies dans les radios parlées de Québec.

Les femmes doivent définitivement être présentes en plus grand nombre et redéfinir les standards en animation radio dans la région.

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