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30/06/2015 08:36 EDT | Actualisé 30/06/2016 05:12 EDT

Le développement durable en marche: le Projet Otesha

En engageant les jeunes dans une démarche commune, les ferventes créatrices de cette organisation charitable développeront de nouveaux potentiels économiques et écologiques.

En Swahili, Otesha signifie «la raison de rêver». Dans le monde d'aujourd'hui, une organisation peut indubitablement mériter un tel titre: le Projet Otesha.

Conçu et développé à Ottawa, cet organisme s'engage à éduquer les jeunes Canadiens au sujet du développement durable et de l'écologie, afin qu'ils s'impliquent et modifient les comportements quotidiens qui exploitent l'environnement local et mondial. En engageant des jeunes dans une démarche commune, ils développeront de nouveaux potentiels économiques et écologiques.

Jocelyn Land-Murphy et Jessica Lax sont les ferventes créatrices de cette organisation charitable. Ce duo canadien s'est rencontré au Kenya en janvier 2002, alors qu'elles étudiaient le développement durable à l'étranger. Elles furent choquées par l'excès de consommation quotidien des Nord-Américains et, de là, elles ont décidés de modifier leurs comportements d'achat. En agissant de la sorte, elles se sentaient habilitées et plus prêtes à partager leurs connaissances et leur passion de la durabilité avec les jeunes Canadiens.

De cette alliance naît un mouvement équipé de trois volets importants. Tout commence avec la présentation de séances théâtrales et d'ateliers pour les jeunes. L'équipe Otesha est formée de cyclistes-acteurs qui réalisent des pièces intelligentes et propices à la réflexion dans les écoles secondaires, les centres communautaires, les lieux de culte et les parcs à travers le pays. Les ateliers expliquent la surconsommation quotidienne de produits. Ainsi, «L'atelier des bananes: du berceau au tombeau» couvre toute la chaîne de production de la banane, le fruit le plus consommé au Canada. L'atelier suit l'agriculture, le transport, l'influence économique et l'impact environnemental et social complet de la banane.

Un autre atelier, intitulé «On amasse et amaïsse: le monde du maïs», est une excellente présentation qui révèle les façons dont le maïs se retrouve dans d'innombrables produits dont nous nous servons tous les jours. La biodiversité des écosystèmes, les économies locales, l'agriculture et notre santé sont notamment des sujets abordés dans ces présentations.

Le projet Otesha fournit également des renseignements aux jeunes avec leur Livre d'Otesha - de poubelle à rebelle!. Ce livre se veut la chronique de six personnes différentes et six différentes habitudes d'achat concernant la nourriture, l'eau, le transport, les médias, le linge et le commerce équitable. Même les enseignants l'utilisent comme ressource pour amener une réflexion sur nos propres tendances surabondantes de tous les jours, et comment apporter des améliorations quotidiennes.

Ce qui me plaît dans cette initiative est la façon dont ils ont fabriqué le livre: avec les meilleures pratiques de durabilité. Les livres ont été imprimés par Warren Waterless, une imprimerie basée à Toronto qui utilise des encres à base végétale non-toxiques et un processus révolutionnaire sans eau pour l'impression (ceci économisant 200 000 litres d'eau annuellement). De plus, tout le papier de l'entreprise est recyclé de 100% de déchets après consommation, est sans chlore, et produit par une usine alimentée au biogaz avec une décharge à proximité. Mais les couvertures des livres sont encore plus impressionnantes, fabriquées à partir de boites de céréales recyclées et couvertes avec des chutes de tissu. Finalement, elles sont liées avec de la colle végétalienne de la compagnie Elmer.

Le troisième programme du Projet Otesha est de loin mon préféré, parce qu'il implique l'activité physique. Des cyclistes font des tournés à travers le pays pour pratiquer la sensibilisation écologique. Ces excursions à vélo varient en distance et durée et sont accomplies par des bénévoles. Vous ne devez pas être un athlète d'endurance pour faire partie de l'équipe, mais plutôt être un individuel engagé et passionné du développement durable pour bien pouvoir partager la marque Otesha.

Leur tournée la plus récente est celle de la côte ouest, qui a débuté le 2 mai pour se terminer le 24 juin 2015. Cette odyssée en vélo longeait la côte ouest de la Colombie-Britannique, traversant des régions rurales et urbaines. Ils ont exploré et découvert les initiatives locales de développement durable ainsi que des écoles, tout en échangeant leur propre éco-connaissances.

Sur la côte est, il y aura une tournée du 5 septembre au 28 octobre 2015. À l'instar de la tournée de l'ouest, les bénévoles d'Otesha ont rempli leurs têtes de concepts durables et de justice sociale. Des séances théâtrales seront présentées dans des écoles secondaires. Ils se rendront à la célèbre baie de Fundy, au Nouveau-Brunswick, et traverseront la vallée d'Annapolis. L'équipe planifie aussi d'apprendre et d'échanger des renseignements avec la communauté amérindienne locale des Mi'kmaqs, des Anglophones et les communautés acadiennes.

Prochainement, du 18 au 26 juillet, aura lieu une tournée autour du paysage complexe de la grande région de Toronto. Circuit plus court, mais néanmoins tout autant utile, la tournée Pedal to Plate met l'accent sur la sécurité alimentaire. Les bénévoles de tous âges découvriront les saveurs locales grâce à une rencontre avec les fermiers, les producteurs, les universitaires et les Premières nations. Ils pourront même apprendre à cuisiner pour leurs communautés grâce à la coordonnatrice alimentaire de la tournée!

Le Projet Otesha instille une énergie positive pour les jeunes Canadiens. Plus de 165 000 Canadiens ont déjà été rejoints et ce nombre continue de croître. Je recommande fortement aux Canadiens de participer et de répandre leurs valeurs, que ce soit en faisant du bénévolat avec eux, en accueillant des bénévoles lors d'une tournée, en faisant un don, ou simplement en passant le mot sur leurs initiatives. Ils ont besoin de tout le soutien qu'ils peuvent obtenir!

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