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27/05/2015 11:33 EDT | Actualisé 27/05/2016 05:12 EDT

«Slow Media»: l'internet reposant

Le «slow media» ou plutôt le «long format» a du mal à se faire connaître. C'est une désintoxication qualitative du numérique, ce que le slow food est au fast food. Réapprendre à utiliser son cerveau sans se laisser envahir par un flot de technologies où les distractions quotidiennes ont un impact considérable sur la productivité.

Le contenu est riche d'informations et joli à regarder. Il ne peut pas être consommé avec désinvolture, il mène à la concentration totale des utilisateurs. Visant la perfection, il est sans cesse à la recherche de l'amélioration d'une interface fiable, robuste et accessible pour les utilisateurs. Le long format se discerne par la qualité de ce qu'il propose. Il répond à des normes qualité très élevées, ce qui signifie qu'il est en mesure de livrer sa propre position et de la remettre en question. Il peut s'agir d'un auteur qui échange ses pensées avec ses lecteurs, de l'œuvre d'un personnage célèbre disparu, ou encore des enquêtes de terrain réalisées sur plusieurs mois voire des années.

Qui sont les lecteurs?

C'est un lectorat très exigeant, un public massivement représenté par des journalistes, des étudiants ou des enseignants. Le long format attire un public restreint et jeune dont le niveau de culture est souvent élevé par son éducation professionnelle ou personnelle. Dans l'approche, les utilisateurs des longs formats ont une idée certaine de la complexité des contenus. Ces médias sont distribués par le biais de recommandations et ne font (presque) jamais de publicité et, même après plusieurs années, voire des décennies, le contenu reste frais et ils obtient même une certaine patine qui, au fil des ans, augmente sa valeur. C'est de loin un moyen, pour ceux qui le souhaitent, d'aller à l'encontre de l'inondation permanente des technologies de l'information dans lesquelles on oublie souvent ce qu'on vient de lire.

Quel est le message?

Jamais réactionnaires, mais considérés comme progressifs. Bien que lents, ils ne sont pas en contradiction avec la concomitance de Twitter, des blogues ou des réseaux sociaux. Ils ont une attitude et une façon de rendre l'utilisation utile. Des études définissent le long format comme l'artisan de la culture par une esthétique parfaite et un style d'écriture irréprochable. Être crédible nécessite une certaine confiance et prend un certain temps. Dernière les longs formats se cachent de vraies personnes. Les auteurs sont des écrivains, des journalistes qui se rapprochent de la nouvelle et s'éloignent de l'article de presse par un style plus profond, plus littéraire.

L'autre message qui a autant d'importance dans le long format est sans aucun doute l'authenticité des histoires écrites.

Les retombées économiques et la longévité des longs formats

Une étude estime que les distractions liées aux médias et réseaux sociaux coûtent à l'économie 650 milliards de dollars par an en perte de productivité, selon pando.com. Il y a plusieurs atouts clés dans l'état d'esprit du long format, il est à l'inverse de l'Internet qui a été construit autour d'une incessante agitation, de l'obsession du nombre de pages vues.

Le long format s'appuie sur les recommandations pour monétiser son travail. Les concepteurs de Slow Medias profitent de l'affinité du public créée autour du concept pour vendre à l'intérieur de son contenu.

Les propriétaires de longs formats, s'il parviennent à suffisamment exploiter leur réseau d'abonnés pour en faire des consommateurs directs, pourront parvenir à gagner de l'argent. Mais la principale source économique de revenus potentiels reste l'abonnement et les adhésions.

Cependant, sans le péché mignon de la publicité, le slow media n'est pas lucratif et il ne peut se reposer uniquement sur les adhésions et ses abonnements, à moins de parvenir à équilibrer ses coûts et ses revenus, ce qui, dans un sens, compromet son existence. Le journalisme «reposant» pourra s'appuyer dans l'avenir sur le long format à condition d'avoir une trésorerie qui le lui permette.

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