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17/09/2018 15:23 EDT | Actualisé 18/09/2018 13:28 EDT

Prenons-nous en main

Beaucoup de jeunes n'ont certainement pas compris une chose fondamentale: il n'y a que dans le dictionnaire, qu’«argent» vient avant «travail».

Je constate aussi que beaucoup de jeunes se rallient au parti Québec solidaire... Un choix encore une fois intéressant.
Courtoisie Québec solidaire
Je constate aussi que beaucoup de jeunes se rallient au parti Québec solidaire... Un choix encore une fois intéressant.

Les élections arrivent à grands pas, je suis activement la campagne, je sonde les jeunes sur leurs opinions et sur les enjeux qui les touchent. Les 18-34 ans représentent une partie importante de l'électorat pour la présente élection, soit près du tiers des votants.

Ma génération a donc un poids politique très grand, une volonté de changer les choses au sein de leur communauté, mais un intérêt politique très faible. J'adresse donc le présent texte à ma génération, aux milléniaux, pour qu'ils se réveillent et qu'ils prennent leur avenir en main.

Ma génération

Qui a déjà entendu comme réponse à la question «Qu'est-ce que tu veux être plus tard?», «J'veux être riche». Cette réponse, je l'ai entendue souvent et je dois dire que je la trouve parfois paradoxale, non pas par son contenu, mais par le ratio ambitions/actions. Cette réponse est l'illustration du paradoxe de ma génération... les milléniaux. Ma génération est parfois désolante...

Beaucoup de jeunes n'ont certainement pas compris une chose fondamentale: il n'y a que dans le dictionnaire, qu'«argent» vient avant «travail». J'ai souvent l'impression que ma génération en est une de privilégiés, une génération de «Non, mais j'ai l'droit» qui privilégie le confort au travail. À cela je réponds: le confort d'accord, mais assumez-en les conséquences. Nous ne pouvons pas tout avoir dans la vie. On ne peut pas se payer tout ce que l'on veut et faire du 9 à 4, quatre jours semaine.

La génération «marge de crédit»; ma génération sera la première génération dans l'histoire du Québec à être financièrement plus pauvre que celle de ses parents. C'est triste... Allez dans les Cégeps si vous n'y êtes pas, allez dans les classes et observez... Qu'est-ce qu'on y voit? Des jeunes qui n'aiment pas faire des efforts... Beaucoup d'universitaires m'ont d'ailleurs fait remarquer que les professeurs n'expliquent pas comment avoir A+ dans un cours... Non! Ils expliquent comment passer, comment avoir 60%, parce que c'est ça que beaucoup veulent savoir.

Je constate aussi que beaucoup de jeunes se rallient au parti Québec solidaire... Un choix encore une fois intéressant. J'ai écouté quelques vidéos sur les médias sociaux de ce parti politique. Et ma conclusion est la suivante.

Au lieu de faire des efforts, ma génération utilise son droit de vote non pas pour faire progresser le Québec, mais pour conserver ses acquis. Ma génération, par leurs actions, choisit d'être également pauvre plutôt qu'inégalement riche. Le Québec, notre province, a tant de potentiel, nous avons notre place au sein des grandes nations, mais comment être crédible et fort au sein des autres pays alors que notre priorité est d'augmenter le budget de l'État en allant piocher dans les poches des plus riches pour pouvoir dépenser plus?

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Je pense à la génération qui nous précède, cette génération qui s'est botté le derrière, qui en a bavé et qui en bave encore. Je pense à ces entrepreneurs qui ont pris des risques en créant des entreprises, qui gonflent les coffres de l'état en payant taxes et impôts abondamment. Je pense à eux et à leurs sacrifices pour nous, leurs enfants...

Je ne me sens pas le courage de leur en demander encore plus, de leur dire qu'après tout ce qu'ils ont accompli, il faudrait qu'on aille prendre dans leurs poches plus de 0,60$ sur chacun des dollars qu'ils font. Malheureusement, c'est ce qui se passera si nous plaçons notre confiance en Québec solidaire. À cela je dis tout simplement: non.

L'influence solidaire

Je comprends les positions et les réalités qui sont décrites et scandées par les candidats de Québec solidaire. Ces idées sont intéressantes, mais me posent un certain problème...

Je me suis fait la réflexion suivante: considérant que QS met la question sociale en priorité absolue, en tant que jeune, voter pour Québec solidaire, c'est voter pour le bien, pour le progrès, pour la vertu... Personne n'est contre la vertu... Selon toute vraisemblance progressiste, l'égalité des chances, le progrès social et l'aide aux plus démunis devraient passer avant tout... Mais encore?

J'ai l'impression d'être membre d'une génération de «J'ai les moyens». Les moyens que nous devenions égaux, les moyens de rajouter 38 stations de métro, les moyens d'offrir les soins dentaires à tous, les moyens d'offrir les transports collectifs à moitié prix, les moyens d'offrir une éducation du CPE au doctorat totalement gratuit et après tout cela, il nous restera les moyens pour faire du Québec un pays...

Il me semble qu'en tant que jeune, voter pour Québec solidaire c'est voter pour le confort, le confort de se dire que peu importe si je me lève pour aller travailler tous les matins, mes acquis seront préservés.

Il me semble qu'en tant que jeune, voter pour Québec solidaire c'est voter pour le confort, le confort de se dire que peu importe si je me lève pour aller travailler tous les matins, mes acquis seront préservés. Dans ma conception du monde, l'État doit soutenir le citoyen qui travaille, le motiver à travailler pour faire évoluer le Québec, ce n'est pas ce que propose QS à mon avis.

L'idéal de l'égalité et beau... Mais à quel prix? Contrairement à beaucoup, je ne critique pas la faisabilité des projets de QS... Des gens comme Simon Tremblay-Pepin sont très qualifiés pour les expliquer... Moi je mets simplement les gens en garde... Nous pouvons être très à gauche si nous le voulons collectivement, nous pouvons nous plonger dans cette volonté de «l'égalité des chances». Mais à quel prix? L'histoire nous met en garde...

L'élection du gouvernement Hollande en France en est la preuve. Tout le monde était envouté par ce doux vent de gauche, tous voulaient sentir l'égalité dans les rues... Mais ce n'est pas ce qui est arrivé. Le quinquennat de Hollande fut purement et simplement un échec qui n'a fait qu'augmenter le taux de chômage dans l'hexagone et continuer à accroitre les inégalités entre tous. Du gouvernement Hollande nous retenons un taux de chômage qui fluctue autour des 10%, un PIB en faible hausse et le pourcentage de la dette publique par rapport au PIB qui atteint le 96%. La personne tout comme le programme ne firent pas un bon mélange.

L'environnement

Bien que je reproche un certain nombre de choses à Québec solidaire, je lève mon chapeau à Manon Massé et son équipe sur l'importance de la question environnementale au sein de leur campagne.

J'ai trouvé très ordinaires les mesures des autres parties sur l'environnement, alors que ce devrait être une de nos priorités en 2018.

Comme l'a dit Antonio Guterres, le secrétaire général des Nations Unies, récemment: «Si nous ne changeons pas d'orientation d'ici 2020, nous risquons [...] des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent». Je trouve donc inacceptable que les autres partis ne fassent pas de l'environnement une priorité!

Une opinion – un vote

C'est mon opinion et j'espère que chacune des personnes qui liront ce texte en a une aussi. Qu'elle soit ou non en accord avec la mienne, votre opinion compte. C'est la première fois dans l'histoire du Québec que les 18-39 ans, les X ans et les baby-boomers auront un poids politique équivalent.

Le droit de vote est un privilège que tous les individus qui partagent notre planète n'ont pas... Prendre 15 minutes de votre temps pour faire la boussole électorale c'est un bon début, mais surtout un investissement. L'investissement dans ceux qui gèreront le Québec de demain, ceux qui prendront des décisions qui nous concerneront.

Considérant tout cela, que je n'entende personne chialer au cours des quatre prochaines années s'il n'a pas pris la peine de se lever pour aller mettre un petit papier dans une urne... Ce n'est pas une «tâche», c'est un devoir de citoyen en plus d'avoir une pensée pour ceux qui n'ont pas ce privilège.

Pour revenir avec ce fameux sondage de Mainstreet, j'espère que ma génération ne fera pas seulement vouloir du changement, mais qu'il sera ce changement. Si nous unissons nos forces, chacun dans nos domaines, nous avons le pouvoir de faire du Québec un endroit où les valeurs sociales sont importantes, où les entreprises prospèrent et où il fait bon vivre.

Je suis tout de même fier d'être membre d'une génération qui a de grandes ambitions, j'aimerais simplement que notre société arrête de croire en la pensée magique, puis que chacun mette la main à la pâte pour être le vecteur de changement qu'il souhaite voir dans sa société.

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