LES BLOGUES
26/01/2018 06:00 EST | Actualisé 26/01/2018 06:00 EST

Le bordel de la santé!

Les médecins travailleraient juste à la pièce, à la recherche de la prime ou de la jaquette la plus payante?

Shannon Fagan via Getty Images

À lire les quotidiens et entendre les tribunes radio, à titre de médecin et de président de l'Association médicale du Québec, je me sens vraiment comme dans un bordel. Les médecins travailleraient juste à la pièce, à la recherche de la prime ou de la jaquette la plus payante?

Réglons la question une fois pour toutes. Certaines primes sont tout à fait justifiées, même si leur appellation malhabile laisse imaginer le pire alors qu'elles ont été accordées pour prendre en compte la complexité de certains cas ou de certaines procédures. Eh oui, il y a des médecins qui les dénaturent et qui entachent toute la profession, en les utilisant de façon systématique alors qu'elles visent à améliorer des pratiques ou l'accès.

Mais arrêtons cette surenchère médiatique. Elle ne fait que démontrer encore et encore le fossé qui se creuse entre la médecine et la population. Ces primes ne sont qu'un symptôme de la maladie qui ronge le système de santé.

Ces primes ne sont qu'un symptôme de la maladie qui ronge le système de santé.

Si on veut vraiment résoudre le problème, il faut revoir les modes de financement à l'intérieur de notre réseau ainsi que les modes d'organisation des professionnels. Nous avons les outils pour le faire. Le Commissaire à la Santé et au Bien-Être a fait réaliser des études sur les modes de rémunération des médecins, sur lesquelles nous pouvons nous appuyer. La Commission spéciale sur le financement à l'activité a elle aussi publié un rapport avec des recommandations précises.

Reste plus qu'à asseoir autour d'une même table les partenaires indispensables à une discussion appropriée : le ministère et les intervenants du milieu dont l'AMQ fait partie. Pour l'instant malheureusement, nous sommes submergés par l'approche issue de la confrontation entre le ministère et les syndicats qui ressemble plus à un tiraillage qu'à une volonté de régler le problème.

Les études du Commissaire à la santé démontrent clairement que la rémunération à l'acte n'est pas le démon que plusieurs voient ni le salariat la panacée.

Les études du Commissaire à la santé démontrent clairement que la rémunération à l'acte n'est pas le démon que plusieurs voient ni le salariat la panacée. La solution est plus nuancée : ce n'est pas vrai que les médecins cesseront de travailler s'ils reçoivent un salaire, ce n'est pas vrai non plus que les médecins font du volume parce qu'ils sont tous à l'argent. Ce n'est pas le cas de la majorité des médecins, comme nous le montre la tournée provinciale sur le professionnalisme que l'AMQ est en train de mener.

Les médecins nous disent qu'ils ont bien conscience que le régime actuel leur amène de l'argent - le système est ainsi fait -, mais ce n'est pas cela qu'ils veulent! Tout ce que cela fait, c'est de mettre de l'huile sur le feu. Si l'on veut éteindre la grogne, il est temps de se mettre en mode solution à la façon du Collectif Santé et Services sociaux et de ses 15 solutions.

Galerie photoLes billets de blogue les plus lus sur le HuffPost Voyez les images