LES BLOGUES
23/01/2013 09:13 EST | Actualisé 25/03/2013 05:12 EDT

Un oeil au beurre noir

PC

L'épisode Martin Dumont aura laissé la Commission Charbonneau avec un œil au beurre noir.

La Commission a conclu une entente hier pour effacer de ses travaux la bande-vidéo du 11 décembre que, pourtant, tout le Québec a vue.

On «delete» deux jours d'audiences et on recommence. La Commission a péché en ne filtrant pas suffisamment le témoignage du témoin Dumont. Elle a péché à nouveau en ne réagissant pas immédiatement quand ce dernier a fait des révélations inattendues aux lourdes conséquences.

L'impression que l'on garde, c'est que la Commission, furieuse, a décidé d'enfoncer Martin Dumont publiquement en le faisant parader à la reprise de ses travaux.

Mal lui en pris, parce que, ce faisant, elle a ouvert la porte à la coriace Suzanne Gagné, l'avocate de Martin Dumont. Son duel juridique avec la juge France Charbonneau était mémorable.

Alors que les règles d'une commission ne lui permettent pas de contre-interroger (elle n'a pas le statut de participant), Me Gagné a obtenu de cuisiner l'enquêteur en chef de la Commission et de semer un doute sur les méthodes d'interrogatoire.

Dans un dernier effet de manche, Me Gagné a indiqué qu'elle s'adresserait à la Cour supérieure pour avoir le droit de convoquer d'autres témoins. La Commission Charbonneau a ouvert bien maladroitement une brèche dans laquelle s'est engouffrée l'avocate de Québec.

On imagine ce que pourrait en faire la légion d'avocats qui observent les travaux de la Commission.

C'est ce litige qui a été résolu hier quand la Commission a capitulé en demandant d'oblitérer l'enregistrement du 11 décembre.

Heureusement, la Commission qui enquête sur la corruption et la collusion est retombée sur ses rails avec le témoignage de Michel Lalonde, PDG de la firme Génius, ex- Groupe Séguin, une firme de génie-conseil de petite taille mais très active dans la région métropolitaine.

Il y a de la collusion entre les entrepreneurs de la construction et des territoires protégés, les contrats sont surévalués de 25 à 30% à Montréal, on «accommode» les entrepreneurs en autorisant des extras et un coussin de 25% permet d'alimenter le financement des partis politiques en argent comptant, un 3% est versé directement à la caisse d'Union Montréal (plus 100,000$ pour les élections)...

La routine quoi.

Vivement qu'on expose le financement occulte des partis politiques, les façons de voler le contribuable, et qu'on évite de courir après les mornifles.

VOIR AUSSI

La commission Charbonneau en bref