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10/03/2013 06:14 EDT | Actualisé 10/05/2013 05:12 EDT

Transparence, c'est mal parti

Transparence, transparence, transparence... c'est l'un des mots qui reviennent le plus souvent dans le vocabulaire des ministres du gouvernement québécois. Pourtant. C'est dans la Gazette officielle qu'un journaliste curieux a découvert qu'André Boisclair, ex-chef du Parti québécois, avait bénéficié d'une seconde nomination, en plus de celle de délégué du Québec à New York. Le cas récent des coupes de 19 millions$ dans l'aide sociale est une autre illustration du caractère cachottier du gouvernement Marois. Encore là, c'est la Gazette officielle qui a révélé une intention bien dissimulée.

CP

Transparence, transparence, transparence... c'est l'un des mots qui reviennent le plus souvent dans le vocabulaire des ministres du gouvernement québécois.

Pourtant. C'est dans la Gazette officielle qu'un journaliste curieux a découvert qu'André Boisclair, ex-chef du Parti québécois, avait bénéficié d'une seconde nomination, en plus de celle de délégué du Québec à New York.

Immédiatement après le Sommet sur l'enseignement supérieur, nous apprenions qu'une entente était déjà intervenue entre les recteurs et le gouvernement pour atténuer l'impact des compressions de 250 millions$.

On aurait retardé l'annonce de cette bonne nouvelle pour ne pas nuire au bon déroulement du Sommet et éviter la grogne de certains participants!

Le cas récent des coupes de 19 millions$ dans l'aide sociale est une autre illustration du caractère cachottier du gouvernement Marois. Encore là, c'est la Gazette officielle qui a révélé une intention bien dissimulée.

Agnès Maltais, ministre du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, a battu sa coulpe et précisé qu'elle devait expliquer en conférence de presse les changements mais que son horaire a été bousculé par son voyage à Ottawa. Elle devait y rencontrer, en effet, la ministre Diane Finley à qui elle allait faire la leçon sur des compressions injustifiées à l'assurance-emploi.

Des explications cousues de fil blanc. La publication dans la Gazette officielle tombait en pleine relâche parlementaire et aurait pu passer inaperçue.

Mme Maltais est «révoltée», à juste titre, de constater que les deux tiers des jeunes sur l'aide sociale proviennent de familles qui touchent également des prestations.

C'est le genre de décision qui touche à des clientèles vulnérables et qu'un ministre doit justifier publiquement.

Cette compression de fonds de tiroir à l'aide sociale accrédite la thèse qui circule et voulant que les chiffres ne sont pas rendez-vous et compromettent les cibles budgétaires.

Cette semaine, le 15 mars, aura lieu le Forum tant attendu sur les redevances minières. Le rapport qui servira de base de discussion a été publié, bien discrètement, en fin de soirée jeudi. Au départ, il devait être accessible le 1er mars.

À cette époque l'an dernier, durant la période des questions et, plus tard, durant la campagne électorale, le PQ avait, disait-on, toutes les réponses. Le «vol de nos ressources naturelles» a été un des grand thèmes de la campagne péquiste.

Les différents documents qui alimenteront les discussions nuancent beaucoup le discours officiel. A 16% les redevances minières ont atteint un seuil critique et les hausser pourrait compromettre la compétitivité du Québec face à ses voisins. A l'échelle mondiale, le Québec est un petit joueur et ses mines ont des teneurs moyennes affirme notamment l'étude Secor-KPMG et on aurait tort de conclure à un eldorado minier.

Le PQ dans l'opposition ne jurait que par le modèle australien en matière d'exploitation minière. Une étude commandée par les libéraux à PricewaterhouseCoopers, et déposée l'automne dernier, souligne qu'une tonne de fer coûte deux fois plus cher au Québec, le minerai est moins pur et les gisements plus éloignés des marchés.

A la reprise de la session, après les élections, ce sont les libéraux qui ont réclamé, en vain, la publication de cette étude.

Pour le gouvernement Marois, c'est bien mal parti en matière de transparence, à moins qu'il ne s'agisse d'un autre recul.