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23/10/2014 07:32 EDT | Actualisé 24/12/2014 05:12 EST

Terrorisme et politique fédérale

Bien des Canadiens, et des Québécois, ont dû se demander s'ils se sentiraient en sécurité, au moment d'une crise, avec Justin aux commandes du gouvernement canadien.

L'attentat de cette semaine à Ottawa aura des répercussions politiques dont il est difficile de mesurer l'ampleur. Le retour à l'avant-plan de la question de la sécurité nationale ne peut que donner du carburant au gouvernement conservateur et au premier ministre Stephen Harper qui s'est toujours fait le champion de la loi et l'ordre.

Le chef du Parti libéral Justin Trudeau a, à nouveau, ces jours-ci projeté l'image d'un boy scout égaré dans la cour des grands. Bien des Canadiens, et des Québécois, ont dû se demander s'ils se sentiraient en sécurité, au moment d'une crise, avec Justin aux commandes du gouvernement canadien.

Un sondage Radio-Canada-Ekos datant de lundi dernier accordait une avance de 12 points aux libéraux sur les conservateurs (38,5%- 26,4%, 25% au NPD). En Ontario, là où se jouent les élections, le PLC jouit d'une avance de 17 points. Certains ont conclu un peu rapidement que la partie est jouée et que Stephen Harper n'a plus qu'à faire sa valise et se préparer à quitter le 24 Sussex. Les élections fédérales auront lieu, théoriquement, dans un an, soit l'équivalent de plusieurs éternités en politique.

Depuis que le Canada est entré en guerre contre l'État islamique, le chef libéral a paru hésitant et mis de l'avant une approche humanitaire pour contrer la montée de l'extrémisme. Des ténors libéraux, l'ancien chef Bob Rae entre autres, l'ont contredit. Jean Chrétien a senti le besoin de reprendre du service pour donner un peu de corps à la position mollassonne de Justin Trudeau.

Le Canada ne vit plus à l'époque de Lester B. Pearson et des casques bleus, comme l'a démontré son implication dans la guerre en Afghanistan.

Certains font observer que c'est la participation du Canada aux frappes aériennes qui ont entraîné les deux actes terroristes des derniers jours, alors que les militaires sont devenus des cibles. Les forces policières n'ont pas identifié, jusqu'à présent, de connexions organisationnelles entre ces attentats et les réseaux terroristes. Tout indique plutôt que nous avons affaire à deux déséquilibrés qui étaient prêts à tuer, ici ou à l'étranger.

Il ne faudrait pas enterrer Stephen Harper prématurément. Il a du temps devant lui, un adversaire libéral en culottes courtes, des milliards de surplus à dépenser, une nouvelle carte électorale favorable avec 30 nouveaux comtés, et il peut faire jouer à fond sa stature de PM en poste depuis près de 9 ans.

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