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24/02/2013 05:19 EST | Actualisé 26/04/2013 05:12 EDT

Sommet: tout ça pour ça?

Nous y voilà, enfin, au Sommet sur l'enseignement supérieur.

Depuis quelques jours le gouvernement s'applique à diminuer les attentes des uns et des autres et on le comprend. Le tour de force consisterait à vider des questions aussi importantes que la qualité de l'éducation au niveau collégial et universitaire, son financement à long terme, la cohérence dans la gestion des établissements ...en 12 heures de discussions réelles avec 60 participants au tour de la table.

L'exercice aurait gagné en crédibilité s'il s'était étendu sur plusieurs jours, alors que l'Assemblée nationale fait relâche toute la semaine.

Le gouvernement devrait y officialiser sa position, soit l'indexation des frais de scolarité selon une formule à définir. Big deal! Le recteur de l'Université de Montréal, Guy Breton, soulignait dimanche à l'émission Larocque-Lapierre que cela équivaut à une hausse de 10 cents par jour. Voilà un an que cette question monopolise l'agenda politique au Québec, en raison évidemment du printemps que nous avons connu.

Annoncé au plus fort de la crise par le Parti québécois, alors dans l'opposition, le Sommet est devenu, au fil des mois, un fourre-tout.

Depuis, la situation budgétaire du Québec a rogné les ailes du gouvernement Marois. On coupe 250 milions de dollars dans le réseau alors qu'on se gargarise de miser une société du savoir!

Le ministre de l'Enseignement supérieur, Pierre Duchesne constatait, dimanche, que les universités «ne sont pas mal gérées». Le Sommet accouchera, pourtant, d'un nouveau Conseil des universités chargé de surveiller les recteurs et les universités.

C'est le résultat du syndrome de l'Ilôt Voyageur. Avec 2 ministres de l'Éducation, le Québec devrait, il me semble, pouvoir s'acquitter de cette tâche.

Le financement par tête de pipe a mené à des excès et il est temps de revoir la façon de faire. Par contre, financer davantage la «première génération» d'universitaires apparait une approche discriminatoire, inapplicable et franchement biscornue.

La modulation des frais, selon le champ d'étude, est une avenue prometteuse mais il n'est pas certain qu'elle sera examinée durant ce Sommet.

Les associations étudiantes, qui ont tout raflé depuis l'élection du PQ, devront apprendre ce qu'est un compromis maintenant que leur rapport de force est en chute libre.

La société québécoise s'est beaucoup déchirée durant « les événements» de l'an dernier. Le Sommet sur l'enseignement supérieur devrait servir de grosse thérapie de groupe.

Pour le nouveau gouvernement, la page sera tournée, sa dette électorale remboursée, et il pourra se consacrer à d'autres problématiques en éducation: le décrochage scolaire endémique au secondaire, les écoles insalubres, les ressources pour les enfants en difficulté, ces tableaux interactifs qui ne sont toujours pas livrés, deux ans plus tard... des problèmes qui affligent des clientèles qui n'ont pas pris la rue.