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03/03/2015 09:06 EST | Actualisé 03/05/2015 05:12 EDT

Salaire des députés: la fin de l'hypocrisie

Malgré l'appel pressant du premier ministre Philippe Couillard, on peut douter que l'ex-ministre Bolduc laisse sur la table son allocation dite de transition.

Le départ d'Yves Bolduc de la politique, départ qui lui vaut une prime de 155 000$, a relancé le débat sur le salaire et les primes des députés de l'Assemblée nationale. Malgré l'appel pressant du premier ministre Philippe Couillard, on peut douter que l'ex-ministre laisse sur la table son allocation dite de transition. Il doit y voir une forme de compensation pour sa lente agonie politique.

La question du salaire des députés est un dossier empoisonné qui fait peur à tous les partis au pouvoir, car il prêtre flanc à la démagogie. Chaque fois qu'il est sur le point d'être réglé, la joute parlementaire le fait dérailler.

C'est à se demander si le statu quo ne fait pas l'affaire de bien des élus.

Le rapport de l'ex-juge Claire l'Heureux-Dubé de novembre 2013 avait pourtant établi des balises claires et disposer de ces irritants qui soulèvent, régulièrement, la colère des citoyens quand un député quitte prématurément son siège. Ce rapport suggérait de mettre fin à une certaine hypocrisie dans la rémunération des élus en intégrant leurs différentes allocations dans leurs salaires qui s'en trouvaient bonifiés de façon importante. Un député à Québec gagne 89 000$ somme à laquelle il faut ajouter une allocation de dépenses de 16 000$, non imposable.

Étant que cette allocation vaut en réalité 31 000$, le salaire d'un député se situe autour de 121 000$.

S'ajoutent souvent des primes de responsabilité ou pour siéger hors session, une allocation de dépenses dans le comté....

Le rapport proposait un salaire de 136 000$, mais l'élimination de tous les autres avantages, une opération à coût nul pour le Trésor public. Pas d'allocation de transition pour un député qui démissionne en cours de mandat sans raison valable, statuait également le rapport.

Certains privilèges des députés sont choquants pour le contribuable. Qui peut se vanter aujourd'hui de toucher une prime non imposable alors que le Revenu pourchasse les gagne-petit? Les députés ont droit à un régime de retraite chromé platine avec un crédit de rente de 4% par année et ils ne paient que 21% de leur régime de retraite (le rapport l'Heureux-Dubé voulait le faire passer à 43%).

Le dossier de la rémunération s'est retrouvé devant le Bureau de l'Assemblée nationale où sont représentés tous les partis et il s'est enlisé dans la politicaillerie. Alors, vivement un projet de loi pour bannir les allocations de transition et obliger les élus à contribuer à 50% de leur retraite.

La question de l'augmentation du salaire est radioactive, mais il faudra bien un jour vivre avec ses retombées. Je trouve anormal que des élus à statut précaire gagnent moins qu'un sous-ministre ou que le travail de notre premier ministre soit évalué à 180 000$ (soit 17 000$ de plus qu'un simple député fédéral).

Il est évident que dans le contexte de compressions tous azimuts et de négociation avec le secteur public, le timing ne peut être plus néfaste. On pourrait lier l'augmentation de la paie des députés au retour à l'équilibre budgétaire qui, si les chiffres tiennent la route, se manifestera dans un an. Sinon, cela demeurera du bricolage à la pièce.

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