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14/11/2015 11:57 EST | Actualisé 14/11/2016 05:12 EST

Salaire des députés: bonne idée, mauvais timing

Les députés de l'Assemblée nationale sont mal payés et il faudra bien, un jour prochain, ajuster leur rémunération. Le gouvernement Couillard aurait dû, toutefois, attendre la prochaine session avant de déposer ses deux projets de loi sur la rétribution des élus.

Les députés de l'Assemblée nationale sont mal payés et il faudra bien, un jour prochain, ajuster leur rémunération. Le gouvernement Couillard aurait dû, toutefois, attendre la prochaine session avant de déposer ses deux projets de loi sur la rétribution des élus.

Les conventions collectives des employés de l'État devraient faire l'objet d'ententes, ou être coulées dans une loi spéciale, d'ici le congé des Fêtes. En faisant connaître, maintenant, son intention de majorer le salaire des députés de 31 %, le gouvernement Couillard provoque inutilement et encourage une certaine démagogie.

La hausse éventuelle des salaires des élus ne deviendrait réalité qu'en 2018, avec la nouvelle législature, mais elle est difficile à justifier au moment ou on cherche à geler celui d'un salarié du secteur public pendant plusieurs années. Le rapport de l'ex-juge Claire L'heureux-Dubé (2013) a très bien balisé le chemin à suivre. Il suggérait, par le biais de 31 recommandations, de rendre plus transparent le mode de rémunération des élus. En gros, en éliminant les différentes primes et allocations pour les convertir en salaires.

C'est une réalité bien connue à Québec que bien des députés multiplient les présidences de commissions ou convoitent des postes de whip, par exemple, pour arrondir leurs fins de mois.

Finies donc les allocations de transition octroyées aux députés démissionnaires qui font rager les citoyens. Le projet de loi du ministre Jean-Marc Fournier prévoit deux exceptions pour le versement de cette prime de départ : maladie importante ou raisons familiales sérieuses. Ces raisons familiales seraient scrutées par le commissaire à l'éthique.

Finie également l'allocation de dépenses de 16 000$, non imposable, que touche un député. Transformée en salaire, cette allocation ferait grimper la rémunération d'un député à Québec à 140 000$. Cela équivaut au traitement d'un haut fonctionnaire Administrateur Classe 4.

Il serait grand-temps, par ailleurs que les députés paient 50 % de leurs fonds de pension(21 % actuellement) et que leur crédit de rente soit ramené de 4 à 2 %.

Le Parti québécois a annoncé qu'il s'oppose au projet de loi sur les salaires. Le député Alexandre Cloutier a illustré à merveille les risques de faire de la démagogie avec ce dossier en lançant que l'augmentation du salaire des députés devrait être versée aux enseignants. On ne parle pas de la même enveloppe budgétaire.

Les Québécois doivent réaliser qu'il est anormal que leur député gagne moins qu'un directeur d'hôpital ou un sous-ministre. Pour attirer des candidats de valeur en politique, il faudra bien ajuster la rémunération. Le gouvernement Couillard devrait cependant réaliser qu'en politique, le timing fait foi de tout.

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