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14/09/2018 00:08 EDT | Actualisé 14/09/2018 16:55 EDT

Premier débat: Couillard malmené

«Les premiers segments sur la santé et l'éducation lui ont fait mal, lui qui a appliqué des politiques d'austérité pendant 3 ans.»

THE CANADIAN PRESS/Paul Chiasson

Le premier ministre Philippe Couillard ne pourra miser sur le premier débat des chefs de RDI pour dynamiser sa campagne électorale, voilà pourquoi il en est le grand perdant.

Les premiers segments sur la santé et l'éducation lui ont fait mal, lui qui a appliqué des politiques d'austérité pendant 3 ans.

La citoyenne Raymonde Chagnon a exprimé ce que bien des gens pensent en affirmant qu'à la lumière de ce qu'a vécu son mari, elle est terrorisée à l'idée de finir ses jours dans un CHSLD.

Trop souvent, le chef du PLQ se réfugiait derrière des chiffres ou des statistiques pour expliquer les actions de son gouvernement. On retrouvait le chef de parti cérébral, plutôt froid, qui peine toujours à établir une connexion directe avec le simple citoyen.

Tel que prévu, le chef du PLQ a réservé ses meilleures attaques pour François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec, qui pourrait lui ravir son poste le 1er octobre.

THE CANADIAN PRESS

Jean-François Lisée, chef du Parti québécois, a eu un excellent débat et c'est lui qui a démontré la plus grande aisance dans cette joute verbale.Il a émaillé ses charges d'exemples concrets et s'est montré agressif et très incisif, trop peut-être. Il mérite une médaille pour sa combativité, mais il est aussi celui qui a le plus contribué à la cacophonie et coupé le temps de parole de ses adversaires.

Lisée a souvent tendance à en faire trop. Dire que les infirmières sont «à la botte des médecins» ou qu'il faut éviter d'aller à l'urgence si «ça saigne un peu ou si on ne voit pas l'os», ou que le premier ministre a «cédé au lobby du diesel» ça peut faire mouche dans une assemblée partisane, mais pas dans un débat avec les autres chefs. Là où il a marqué des points, c'est quand il s'est exclamé face au premier ministre sortant «mais rien n'est de votre faute».

Le chef péquiste se retrouve dans la situation de la CAQ lors du débat de 2014 et cherche à sauver des comtés. On se rappellera que Legault était animé par le souffle du désespoir.

Le chef de la CAQ n'est pas un grand tribun et Couillard et Lisée ont tout tenté pour le déstabiliser en faisant ressortir ses contradictions ou en lui faisant préciser son plan de match. Le chef caquiste sort indemne de cet affrontement ce qui est déjà une réussite pour celui qui mène dans les sondages. Il a bien martelé certains thèmes, le besoin de changement, et personne qui a suivi ce débat ne peut ignorer aujourd'hui que la CAQ veut implanter des maternelles pour les enfants de 4 ans.

Le passage sur l'immigration était le plus périlleux pour François Legault, mais il s'en est bien tiré. Poussé par Philippe Couillard sur le «test d'expulsion» pour les immigrants, il a bénéficié des déclarations malhabiles du candidat libéral dans Taillon pour se faufiler.

La co-chef de Québec Solidaire, Manon Massé, a bien fait lors de ce premier débat. Elle a joué la carte de l'outsider libre de toute attache et a misé sur son profil différent. «Ces messieurs ont tort», a-t-elle dit à un certain moment. Cependant, son refus de jeter les gants a fait en sorte qu'elle a disparu de l'écran à plusieurs reprises.

Dans la bataille PQ-QS, notons que Manon Massé a fait le plaidoyer souverainiste le plus appuyé. Sur le fond des discours, on aimerait vivre dans un pays vert ou tout est gratuit.

Donc ce débat a fait un perdant et a permis à un fort en thème de se distinguer. Quant au principal prétendant au trône, sa performance a été assez neutre ce qui n'est pas mauvais dans les circonstances.

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