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12/12/2014 08:30 EST | Actualisé 11/02/2015 05:12 EST

Pour éviter une «taxe-Moreau»

Le gouvernement Couillard ne voulait pas traîner comme un boulet la «taxe-Moreau» c'est pourquoi il a déclenché les hostilités avec les villes de Laval et de Longueil.

On a cru, bien à tort, au sein du gouvernement que les municipalités allaient comprimer leurs dépenses lors de la présentation de leurs budgets pour absorber 300 millions$ de coupures.

Il est bien plus facile de refiler la facture aux contribuables, surtout si on peut pointer du doigt un autre niveau de gouvernement.

Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, a bien des torts dans cette crise et il n'aurait jamais dû menacer de bloquer les transferts (plus de 3 milliards$ globalement) aux villes récalcitrantes. Les maires sont des élus imputables devant leurs citoyens et on ne peut les traiter comme des valets du pouvoir à Québec. C'est un comportement infantilisant.

Comment expliquer qu'un ministre si habile sorte le lance-flammes devant les journalistes? Sinon qu'il ne voulait pas être stigmatisé avec sa taxe.

Plusieurs se rappellent du gouvernement péquiste embarrassé lorsque les commissions scolaires ont augmenté leurs taxes suite à des compressions. Le syndrome Marie Malavoy somme toute.

Le gouvernement Couillard fait l'éloge constamment du pouvoir de proximité, de l'autonomie locale, du partenariat avec les régions, mais a fait preuve cette semaine que les bottines ne suivent pas toujours les babines.

Quel contraste avec l'euphorie qui régnait il y 5 semaines lors de la signature du Pacte fiscal en présence des présidents de l'Union des Municiplaités (UMQ), et de la Fédération des maires (FQM), des maires Denis Coderre et Régis Labeaume.

Les deux grandes unions ont signé un pacte transitoire d'un an pour participer, disaient-elles, à l'effort de redressement des finances du Québec. Un geste responsable qui a rapidement eu du plomb dans l'aile.

L'UMQ a préparé pour ses membres une lettre type identifiant la part de la hausse des taxes attribuable au gouvernement Couillard. Ou bien on n'a pas consulté les membres avant d'apposer sa signature, ou bien on a joué double jeu.

Les municipalités auraient par contre une meilleure cause si elles géraient leurs dépenses de façon aussi serrée que Québec. Les employés des villes gagnent 38% de plus que leurs collègues de la fonction publique et le rapport Robillard soulignait récemment que la hausse moyenne des dépenses dans les villes est de 5,8%!

Le gouvernement Couillard fait le pari qu'en posant comme le défenseur du payeur de taxes étranglé par les villes il marquera des points. Ce n'est pas gagné contre des maires populaires. Surtout, il n'avait pas besoin d'allumer d'autres brûlots au Québec.

Pierre Moreau est l'un des ministres avec le meilleur sens politique au sein de cette administration. Il lui revient de piler sur la peinture et de rétablir le lien de confiance avec des maires froissés.

Un constat général: une taxe n'est plus vendable lorsque le contribuable est pressurisé au max et personne ne veut vivre avec une taxe avec son nom dessus.

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