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19/06/2015 03:01 EDT | Actualisé 19/06/2016 05:12 EDT

Qui mène au PQ?

Le Parti québécois réussira-t-il à casser son nouveau chef? PKP a en effet subi une sérieuse rebuffade cette semaine sur le projet de pipeline Énergie Est de Trans-Canada.

Le Parti québécois réussira-t-il à casser son nouveau chef Pierre Karl Péladeau? PKP a en effet subi une sérieuse rebuffade cette semaine sur le projet de pipeline Énergie Est de Trans-Canada. Il s'est rallié, piteusement, par voie de communiqué, à la position de son parti qui mène une bataille contre le développement de la filière hydrocarbure en général et, en particulier, contre ce pipeline qui ferait transiter par le Québec ce pétrole «sale» qui provient de l'Alberta.

Avant d'être chef, Pierre Karl Péladeau disait plutôt que le pétrole pourrait être un atout pour la souveraineté du Québec. Durant la course au leadership il était le seul candidat à appuyer, discrètement il est vrai, le projet de pipeline. Il faisait valoir les retombées économiques et misait sur une consultation de la population.

Les députés Martine Ouellet et Sylvain Gaudreault ont rappelé, mardi, que le PQ est officiellement opposé au projet. Comment a réagi le nouveau chef? Lors d'un point de presse échevelé, il a qualifié de «simpliste» la position de ses députés, avouant avoir pris connaissance de leur sortie «dans les journaux». Cela ne témoigne pas d'une grande unité dans le caucus.

Le chef de l'Opposition a pris le soin de rappeler que le porte-parole de son parti en matière d'énergie, c'est Bernard Drainville, désavouant Sylvain Gaudreault. Mercredi, PKP se ralliait pourtant au «simplisme» et retournait sa veste.

Les péquistes ont toujours cultivé une relation conflictuelle avec leurs leaders. René Lévesque a renversé à quelques reprises des décisions de son conseil national et tenu un référendum interne (le renérendum) pour imposer sa vision. Pierre-Marc Johnson et André Boisclair ont été malmenés durant leurs courts mandats à la présidence du PQ.

Lucien Bouchard a pris de front les membres de son parti, en 1995, affirmant qu'il ne pourrait «se regarder dans le miroir» si le PQ durcissait son approche sur la langue d'affichage. Pendant 24 heures, la menace de sa démission a plané sur le parti. Pauline Marois a modifié en 2010 le statut du SPQ Libre qui a l'habitude contester ouvertement l'autorité du chef.

C'est la première friction sur la place publique entre PKP-chef et le PQ. Le vrai test, à savoir qui mène au PQ, se produira lors du congrès du parti l'hiver prochain. Comment réconcilier le parcours du chef péquiste avec le discours de gauche du PQ?

Lorsque le magnat de la presse s'est lancé en politique, plusieurs observateurs étaient persuadés que, compte tenu de son passé en tant que dirigeant d'entreprise, il allait mettre le PQ à sa main. C'est peut-être l'inverse qui va se produire. On ne sait plus, il est vrai, où loge le PKP nouveau sur des sujets tels l'utilité du Bloc québécois, le privé dans la santé, la place des syndicats, le Code du travail, etc.

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