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28/11/2016 08:32 EST | Actualisé 29/11/2016 08:08 EST

Pauvre politique

Faut-il être pauvre pour faire de la politique au Québec? Selon Jean-François Lisée, celui ou celle qui est fortuné ne peut tenir un discours anti-élite.

Faut-il être pauvre pour faire de la politique au Québec?

Jean-François Lisée nous a démontré durant la course au leadership du Parti québécois qu'il était capable d'utiliser des arguments tordus pour marquer des points (Alexandre Cloutier appuyé par Adil Charkaoui, par exemple). Il vient de récidiver en attaquant celui qu'il perçoit comme son adversaire principal, François Legault, chef de la Coalition avenir Québec.

Selon son raisonnement, un chef de parti ne peut tenir un discours anti-élite et vendre sur Sotheby's une résidence évaluée à 5 millions de dollars. Pour dramatiser, sans doute, il a ajouté devant son auditoire que Sotheby's serait «ceux qui font des encans pour des Picasso et tout ça».

Selon lui, celui ou celle qui est fortuné ne peut tenir un discours anti-élite. Il a récolté des applaudissements faciles devant un auditoire de syndicalistes.

Dieu du ciel, nous voilà revenus des décennies en arrière, lorsqu'avoir de l'argent était un péché et qu'il fallait cacher sa réussite financière.

Le Parti québécois, qui ne cesse de se présenter comme social-démocrate, à été fondé par un chef sans le sou, René Lévesque, mais dirigé par un grand bourgeois éduqué à Paris et Londres, Jacques Parizeau, une millionnaire qui s'est fait construire une demeure du style Moulinsart, Pauline Marois, et, plus récemment, par un des hommes les plus riches du Québec, Pierre-Karl Péladeau.

Devait-on douter de leurs convictions parce qu'ils font partie du 1 % de notre société? Les péquistes étaient pourtant fiers de mentionner que ce grand chef d'entreprise était venu en politique pour les bonnes raisons.

Le nouveau chef du PQ devait élever le débat politique. Ce n'est pas en jouant la carte du «petit peuple» qui se méfie de la richesse qu'il y parviendra.

François Legault a acquis une aisance financière en montant et en vendant une entreprise, Air Transat, qui est une success story. Il aurait très bien pu décider de jouer au golf ou au tennis en Floride ou ailleurs dans le monde. Il doit lui arriver après une journée difficile de se demander: mais qu'est-ce que je fais là? Il a en effet décidé de consacrer 10 ans à la politique et de se lancer dans l'aventure périlleuse de la création d'un nouveau parti.

Jean-François Lisée se dessert en recourant à ces attaques personnelles contre un adversaire. Les libéraux soutiennent que le chef de l'opposition ne cherche qu'à gagner la bataille du jour sans mesurer toutes les conséquences de ses déclarations. En tout cas, son argumentaire était plutôt pauvre.

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