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03/10/2015 01:18 EDT | Actualisé 02/10/2016 05:12 EDT

Mission accomplie pour les chefs

Les 4 chefs qui ont participé au dernier débat de cette campagne électorale peuvent dire mission accomplie. Gilles Duceppe a sans doute prolongé la vie du Bloc québécois, alors que Stephen Harper, Justin Trudeau et Thomas Mulcair ont consolidé leur base électorale.

Les 4 chefs qui ont participé au dernier débat de cette campagne électorale peuvent dire mission accomplie.

Gilles Duceppe a sans doute prolongé la vie du Bloc québécois, alors que Stephen Harper, Justin Trudeau et Thomas Mulcair ont consolidé leur base électorale.

Fidèle à son habitude le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, a été peu flamboyant mais a martelé ses thèmes préférés: économie et sécurité. Après près de 9 ans au pouvoir, les électeurs savent à quoi s'en tenir dans son cas.

Il a marqué des points sur le débat le plus chaud de la soirée, le port du niqab, en rétorquant à Thomas Mulcair, le chef du NPD, «qu'un cas c'est un cas de trop» et qu'on ne peut tout ramener à des statistiques quand il est question de valeurs.

Il devait sortir de ce débat relativement indemne, ce qu'il a réalisé. Au senategate il a rétorqué en rappelant à Justin Trudeau qu'il fait campagne avec des acteurs (Jean Chrétien - Paul Martin) du scandale des commandites. La fatigue de cette trop longue campagne s'est fait sentir et son français en a souffert à plusieurs reprises.

Thomas Mucair a connu une bonne soirée et il a été de tous les échanges et a eu maille à partir avec Gilles Duceppe, sur le pipeline Énergie Est notamment. Le chef néo-démocrate s'est défini comme le premier ministre en devenir et a été agressif. Il a connu un passage à vide sur la question du niqab avouant, du bout des lèvres, éprouver un malaise avec cette situation avant de se retrancher derrière le légalisme.

Justin Trudeau a bien fait rigoler avec son «mon amour» plutôt que «mon ami» mais l'underdog a encore une fois démontré qu'il pouvait tenir son bout dans un débat de chefs. Trudeau a réussi à égrener les principaux éléments de sa plateforme politique durant les deux heures du débat.

Il est apparu faible sur le niqab («il faut tendre la main») et la lutte à l'état islamique et tenté, assez maladroitement, de rouvrir le dossier de l'avortement. Il a patiné sur la légalisation de la marijuana.

Le vieux routier qu'est Gilles Duceppe devait justifier, pour une énième fois, la pertinence de son parti. Il a ramené les discussions sur des sujets concrets: la gestion de l'offre, le péage sur le pont Champlain, le cout du lieutenant-gouverneur, l'assurance-emploi, l'âge de la retraite.

Il a sermonné Mulcair quand ce dernier s'est attribué la déconfessionnalisation des commissions scolaires affirmant qu'il est sur le point de s'attribuer la création d'Internet.

Personne ne s'ennuyait de Mario Beaulieu.

Les déclarations de fermeture des 4 chefs sont révélatrices du positionnement des partis en cette fin de course.

Le premier ministre sortant a insisté sur la nécessité de protéger les valeurs et imploré les Québécois de «regagner leur place» à Ottawa.

Thomas Mulcair a parlé de «10 ans de noirceur» sous Harper et conclut que «cette fois-ci, il y a de l'espoir» avec le NPD.

Pragmatique (ou désespéré), Gilles Duceppe prévoit un gouvernement minoritaire et demande aux Québécois de lui remettre la balance du pouvoir.

«C'est assez», a tonné Justin Trudeau dans son baratin de fermeture «nous on est mieux que ça, on veut rêver grand». Il invite donc les électeurs du Québec à se réengager dans la politique fédérale.

Ce cinquième, et dernier, débat des chefs rend la fin de course imprévisible et excitante.

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