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26/02/2013 09:18 EST | Actualisé 28/04/2013 05:12 EDT

Marois tourne la page du carré rouge

PC

Le Sommet sur l'Enseignement supérieur aura permis au gouvernement Marois de se débarrasser du carré rouge qui collait à son administration.

Pauline Marois a tenu bon devant ses alliés circonstanciels, les associations étudiantes, sur la hausse des frais de scolarité à la hauteur de 3%. Les autres dossiers éducation prennent le chemin de cinq chantiers qui devraient tenir occuper tous les lobbies professionnels présents au Sommet pendant plusieurs mois. Belle façon de repousser les échéances.

Peu de résultats tangibles lors de ce Sommet, mais une volonté commune de faire baisser la pression sociale.

Quand on connaît la propension de ce gouvernement à se mettre en mode recul, on pouvait redouter le pire sur la nécessité de hausser les frais de scolarité.

Lundi, en fin de soirée, la première ministre a laissé tomber, devant l'ultime plaidoyer de Martine Desjardins (FEUQ), qu'il fallait «cesser de tourner autour du pot» et qu'elle n'avait pas l'intention «de traîner ça dans le décor pendant des semaines». En effet.

Pauline Marois avait-elle le choix de tenir son bout? Non, pas vraiment. Un recul sur cette question aurait constitué une capitulation complète et gênante. Après avoir assommé les universités avec des compressions brutales de 250 millions$ sur deux ans, Mme Marois ne pouvait céder devant le baroud d'honneur de la FEUQ.

Les représentants étudiants ont eu la décence de ne pas claquer la porte du Sommet, conscients d'avoir gagné sur la hausse prévue de 1778$ par année prônée par l'ancien gouvernement, l'abrogation de la loi 78, la bonification des prêts et bourses, le Conseil national des universités (une proposition des recteurs), l'examen des frais afférents dans l'un des chantiers etc.

On peut déplorer toutefois qu'il aura fallu tous ces efforts et ce temps pour décréter une hausse des frais de scolarité de 70$ par année. On peut déplorer également que nos institutions universitaires demeurent sous financées sans alternative à court terme.

Le gouvernement péquiste fait miroiter un réinvestissement majeur en éducation dans deux ans environ.

La semaine dernière, la première ministre soutenait que la croissance économique permettrait de dégager ce 1,7 milliard $! À la clôture du Sommet, elle affirmait plutôt que c'est la gestion rigoureuse qui dégagera cette marge de manoeuvre. Dans un cas comme dans l'autre, il est permis de rêver.

Dommage que ce Sommet ait éludé la question du droit de grève des étudiants et son encadrement et abordé la question de la modulation des frais de scolarité, pour mieux la repousser.

Si le Québec se retrouve devant un financement inadéquat de ses études supérieures, c'est que tous les partis politiques, depuis 30 ans, lancent leur campagne électorale en promettant aux étudiants de geler leurs frais de scolarité. L'introduction d'une mécanique d'indexation aura pour effet de la bétonner. Je doute fort qu'un autre gouvernement ait le goût de jouer dans le même film.

Comprimé dans le temps, avec des acteurs choisis judicieusement, le Sommet a produit les résultats escomptés pour le gouvernement Marois, en l'affranchissant d'une promesse électorale et du carré rouge. Désormais, la première ministre pourra invoquer les «consensus» du Sommet pour défendre son approche en éducation.

À moins, bien sûr, que l'ASSÉ et ses partenaires ne réussissent à rallumer les braises de la contestation.

Le contribuable casquera à nouveau car c'est lui qui ramassera la facture qui, à l'origine, devait être payée par les étudiants, mais il a l'habitude ramasser la note après le party.

La manif post-sommet de l'ASSÉ


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