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19/05/2016 05:40 EDT | Actualisé 20/05/2017 05:12 EDT

Les paratonnerres

On sait maintenant qu'il s'est écoulé trois semaines entre le moment où l'ex-ministre des Transports, Robert Poeti, a alerté le gouvernement sur l'existence d'irrégularités graves au sein de son ancien ministère et celui où le premier ministre en a été avisé.

La crise au ministère des Transports (MTQ) rejoint maintenant les plus proches conseillers du premier ministre Philippe Couillard.

On sait maintenant qu'il s'est écoulé trois semaines entre le moment où l'ex-ministre des Transports, Robert Poeti, a alerté le gouvernement sur l'existence d'irrégularités graves au sein de son ancien ministère et celui où le premier ministre en a été avisé.

Ce sont les deux plus proches collaborateurs de M. Couillard, son chef de cabinet, Jean-Louis Dufresne, et le secrétaire général, Roberto Iglesias, qui étaient au fait du dossier. M. Couillard affirme avoir appris la chose cette semaine en petit-déjeunant.

C'est long trois semaines pour un dossier aussi explosif qui combine pratiques douteuses et contrats gouvernementaux. Après les révélations de la commission Charbonneau, des signaux auraient dû s'allumer au plus haut niveau.

Selon certaines informations, on a traité, dans un premier temps le dossier comme un dossier administratif qui demandait des changements dans les pratiques du ministère. Donc, pas de motifs pour «embêter» le PM avec de l'intendance.

La véritable bombe est contenue dans la lettre de démission de l'enquêtrice Annie Trudel qui révèle qu'on a saboté son travail et qui pointe du doigt l'influence de la sous-ministre en titre au MTQ.

Or, dit-on, cette information est demeurée sur le bureau du chef de cabinet de Jacques Daoust, actuel ministre des Transports. Son chef de cabinet, Pierre Ouellet a été congédié pour avoir manqué de flair politique.

Les oppositions ont braqué les projecteurs mercredi sur Philippe Couillard. Elles soutiennent que: soit il cultive un style de gestion qui le maintient dans l'ignorance, soit il a menti sur le moment où il apprit la nouvelle. Deux situations où il parait mal.

Quant au ministre Jacques Daoust il est, une fois de plus sur la sellette, après qu'on ait démis son chef de cabinet et sa sous-ministre. On manquera bientôt de personnel à congédier pour le protéger.

Cette crise a illustré par ailleurs toute la puissance et l'arrogance de la haute fonction publique québécoise. La sous-ministre en titre du plus gros donneur de contrats au Québec, Dominique Savoie, a affirmé devant un comité de députés qu'elle n'avait pas d'ordre à recevoir de son ministre. Après avoir saboté le travail de l'enquêtrice, elle a saboté sa carrière.

C'est une coïncidence si cette dernière a comparu devant les élus alors que la crise éclatait. Son témoignage était déjà prévu. Sans cette coïncidence, elle serait sans doute encore sous-ministre aujourd'hui.

Le gouvernement a devancé l'annonce de la création d'un bureau d'inspection au MTQ pour démontrer qu'il n'est pas resté les bras croisés face à ces révélations.

Le PQ et la CAQ questionnent le leadership de Philippe Couillard et ils ne sont pas seuls.

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