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10/03/2016 06:28 EST | Actualisé 11/03/2017 05:12 EST

Les gros mots

Relancé jeudi sur le même sujet, le premier ministre a cru voir un mouvement de repli face aux immigrants similaire à ce que l'on constate en Europe et aux États-Unis.

Philippe Couillard s'était engagé à changer le ton dans les débats à l'Assemblée nationale. C'est fait. En revanche, il prête souvent des intentions à ses adversaires sortant, sans raison, l'artillerie lourde.

Interrogé sur le contrat avec Pétrolia et le dossier d'Anticosti, il manquait de superlatifs: «destruction», «saccage»... l'île étant élevée au rang de joyau de la nature. Malheur à qui osait prier le gouvernement de respecter sa signature.

Lorsque les partis d'opposition ont mis en doute l'entente conclue avec Bombardier, on parle tout de même de 1,3 milliards $ de fonds publics, le premier ministre leur a reproché de tirer sur l'avionneur québécois.

Le premier ministre souhaite que le Québec accueille 10,000 immigrants de plus annuellement, soit 60,000.

C'est un changement d'orientation important pour notre société un changement qui doit être justifié. Lorsque François Legault, chef de la Coalition Avenir Québec, a fait valoir qu'il faudrait d'abord réussir l'intégration de ceux que nous recevons actuellement, il s'est fait répondre qu'il soufflait «sur les braises de l'intolérance», rien de moins.

Le chef caquiste mentionne que 41% des nouveaux arrivants ne parlent pas le français et que la majorité ne s'inscrivent pas aux cours de francisation.

Relancé jeudi sur le même sujet, le premier ministre a cru voir un mouvement de repli face aux immigrants similaire à ce que l'on constate en Europe et aux États-Unis. Il devait ajouter que, pour l'opposition, l'immigration est une «menace» à l'identité québécoise.

Le premier ministre semble avoir décidé du seuil de l'immigration avant la fin des consultations prévues par la ministre Kathleen Weil.

Le rôle des oppositions, c'est justement de poser des questions et de talonner le gouvernement.

Le député péquiste de Rosemont, l'omniprésent Jean-François Lisée, a senti le besoin, en Chambre, de défendre l'honneur de la CAQ et de dénoncer ce qu'il décrit comme de l'intimidation!

Le ton c'est une chose, les mots utilisés, une autre. Le premier ministre devrait se rappeler la maxime voulant que tout ce qui est excessif devient insignifiant.

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