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05/10/2015 09:04 EDT | Actualisé 05/10/2016 05:12 EDT

Le PTP et les élections

Peu importe l'issue de cette campagne électorale, Stephen Harper entrera dans les livres d'histoire comme celui qui a conclu une entente de libre-échange avec 12 pays représentant 40% du commerce mondial.

Stephen Harper s'est redonné une stature de premier ministre lundi, ce qui n'est pas rien à 2 semaines du scrutin fédéral.

Il fallait l'observer se prêter à une vraie conférence de presse pour mesurer l'impact de la signature du Partenariat Transpacifique (PTP), et y prendre plaisir. Autant il est apparu à plat vendredi lors du débat à français à TVA, autant il était animé alors qu'il dévoilait les grandes lignes de cet accord.

Peu importe l'issue de cette campagne électorale, Stephen Harper entrera dans les livres d'histoire comme celui qui a conclu une entente de libre-échange avec 12 pays représentant 40% du commerce mondial.

Difficile de mesurer pour l'instant les conséquences sur les intentions de vote, mais ce «deal» ramène le débat sur l'économie et sa gestion par les conservateurs.

Au cours des prochains jours, les candidats conservateurs pourront dire aux électeurs qu'ils ont la recette pour fouetter l'économie canadienne.

Depuis le début de la campagne, ce sont les libéraux de Justin Trudeau qui semblaient avoir le plan de relance le plus solide, ou du moins le plus innovateur, avec des investissements massifs dans les infrastructures (60 milliards $). Les conservateurs ont désormais une parade.

Justin Trudeau a commenté avec prudence et s'est laissé des portes ouvertes.

Thomas Mulcair a fait campagne toute la fin de semaine contre cet accord, menaçant même de le déchirer s'il devient premier ministre du Canada. Le NPD est engagé sur une pente savonneuse et dieu sait où arrêtera cette glissade. Visiblement, il misait sur un entente désastreuse pour certains secteurs industriels (auto-lait-volaille-oeufs...) pour reprendre pied.

Les réactions entendues lundi étaient majoritairement favorables au PTP et tout le monde convenait que le Canada ne pouvait pas laisser passer le train en marche. Il reste des zones grises bien sûr et les textes ne sont pas publics.

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a demandé, avec raison, des précisions sur les compensations qui seront versées aux producteurs agricoles lésés par cette brèche dans la gestion de l'offre. Une réaction plus intelligente que son parti-siamois, le Parti québécois, qui a fait valoir qu'un Québec indépendant aurait mieux défendu nos intérêts. Le Québec n'a pas d'ouverture sur le Pacifique, ont rigolé aussitôt les libéraux.

Froid face à cet accord en matinée, le gouvernement Couillard s'est réchauffé sérieusement en prenant connaissance de son contenu.

Le PTP demeurera dans le paysage politique pendant des années car il doit être ratifié par tous les pays et tous les parlements au Canada. La mise en oeuvre, si tout se passe bien, devrait se faire dans 2 ans.

On peut reprocher au gouvernement sortant sa culture du secret. Il aurait dû informer les citoyens des enjeux et des risques dans cette longue négociation, mais le résultat est là.

Si Stephen Harper est chassé du pouvoir le 19 octobre, il pourra se consoler en se disant qu'il est entré dans l'Histoire.

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