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11/11/2015 05:32 EST | Actualisé 11/11/2016 05:12 EST

Le panache de Montréal

Le flushgate a terni l'image du maire Denis Coderre de Montréal. Réputé pour son flair politique, le maire Coderre en a manqué visiblement tout au long de cette saga nauséabonde.

Le flushgate a terni l'image du maire de Montréal. Réputé pour son flair politique, Denis Coderre en a manqué visiblement tout au long de cette saga nauséabonde.

Il a adopté dès le départ une approche technocratique se réfugiant derrière les avis de ses fonctionnaires pour faire passer, en douce, le rejet de 8 milliards de litres d'eaux usées dans le fleuve Saint-Laurent. Le maire de la Métropole s'est braqué chaque fois que les ministères de l'Environnement du Québec et du Canada ont osé s'intéresser au dossier.

Le Québec s'est rangé rapidement derrière le maire de Montréal. Peut-être craignait-on que l'on pose des questions sur les villes qui souillent toujours le fleuve, malgré les milliards consacrés à l'assainissement des eaux.

Lorsque l'ex-ministre fédérale de l'Environnement a imposé une suspension du déversement, en pleine campagne électorale, Denis Coderre s'est déchaîné contre les conservateurs «qui font de la petite politique sur le dos des Montréalais». Il aurait été irresponsable au contraire que le ministère ne se mêle d'un cas de pollution massive du fleuve. Faut-il rappeler qu'Ottawa règlemente sévèrement le trafic maritime et fait payer ceux qui se risquent à y déverser des cochonneries.

L'admininistration Coderre s'est pliée aux exigences, pourtant normales, de la nouvelle ministre Catherine McKenna, soit une surveillance visuelle du «panache», un plan d'urgence en cas d'imprévu, et des tests d'eau en continu. En fait, la Ville de Montréal aurait dû mettre de l'avant ces mesures de contrôle et non se les faire imposer par un gouvernement.

Tout comme elle aurait dû être proactive durant l'été, informer les municipalités riveraines et les citoyens concernés. On a plutôt l'impression que Montréal voulait, c'est le cas de la dire, éviter de faire de la vague et «flusher» en toute impunité et discrétion.

Le Saint-Laurent appartient à tous les Québécois et ils ont voix au chapitre lorsque la plus grosse ville du Québec l'utilise telle une fosse septique. Il y a fort à parier que, quelque part, les contribuables devront ramasser une partie de la note pour nettoyer les rives.

On compare souvent Denis Coderre et Régis Labeaume. Le maire de Montréal a emprunté au cours des dernières semaines un trait détestable du maire de Québec: l'arrogance.

Il faudrait éviter, toutefois, d'accabler les Montréalais pour le flushgate, plusieurs villes déversent allègrement dans le fleuve. C'est le cas de Québec notamment qui pollue les battures de Beauport.

Le gouvernement Trudeau projette investir dans les infrastructures vertes. Le gouvernement québécois, qui s'investit dans une Stratégie maritime, n'aura pas d'autre choix que de présenter un plan d'ensemble.

Faisons en sorte que nous ayons vécu le dernier, et très gênant, flushgate.

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