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10/12/2017 14:52 EST | Actualisé 10/12/2017 15:48 EST

L'année de tous les dangers pour la CAQ

Aux dernières semaines de la session parlementaire, les libéraux de Philippe Couillard ont tourné tous leurs canons vers la CAQ.

Jacques Boissinot/PC

Ce sera l'année de tous les dangers pour François Legault et la Coalition Avenir Québec (CAQ).

Aux dernières semaines de la session parlementaire, les libéraux de Philippe Couillard ont tourné tous leurs canons vers la CAQ, ignorant l'opposition officielle: le Parti québécois. Dès qu'il en avait l'occasion, le premier ministre Philippe Couillard dénonçait les changements de cap de la Coalition.

Le mini-budget de novembre visait directement la clientèle de la CAQ: aide directe aux familles, baisse d'impôt avec, en prime, une baisse de la taxe scolaire, des mesures qui tomberont à point nommé (quel beau hasard) à la fin de l'été.

On a vu quelque chose d'inhabituel au cours des derniers jours. Le chef péquiste, Jean-François Lisée, a posé une question au premier ministre sur... la position linguistique de Legault! (Ce dernier entend privilégier le critère la compétence lors de la sélection des immigrants plutôt que la connaissance du français, donnant toutefois 3 ans à ces derniers pour se franciser).

Couillard et Lisée se sont donc servis de l'Assemblée nationale pour planter la CAQ. Le chef péquiste a pu claironner que les «2 grands partis» du Québec se rejoignaient dans la défense de la langue.

Lisée est le grand perdant dans cette confrontation qui s'annonce entre le PLQ et la CAQ. Il a connu une autre session misérable se faisant renverser par son caucus après avoir dit qu'il interdirait le niqab sur la place publique. S'il a réussi à embarrasser le gouvernement avec une motion sur le Bonjour-Hi, il a saboté sa petite victoire en se vantant d'avoir eu recours au plus vieux piège du monde.

Il confirme l'impression qu'il demeure un tacticien prêt à toutes les entourloupettes pour marquer des points.

Le problème du PQ est plus profond que celui du leadership, c'est son fonds de commerce qui n'attire plus. Après le départ de René Lévesque dans les années 80 Pierre-Marc Johnson avait lancé le PQ sur la voie de «l'affirmation nationale», version soft du programme péquiste. Il s'était heurté rapidement à Jacques Parizeau qui dans une entrevue coup de poing au Soleil avait soutenu que le PQ était devenu «cul-de-jatte», ni social-démocrate, ni indépendantiste. Johnson n'a pas résisté longtemps.

Le contexte est fort différent, il faut le reconnaître, ne serait-ce parce que les Québécois ont dit «Non» une deuxième fois en 1995. Québec Solidaire fait saigner le PQ sur sa gauche, la CAQ sur sa droite si tant est qu'il en reste des lucides au PQ.

Il est paradoxal que la CAQ domine les intentions de vote au moment où les chiffres donnent raison aux libéraux en matière de finances et d'économie. Création d'emploi, cote de crédit,croissance du PIB,dette, comparaison avec l'Ontario..Autant d'arguments qui ont perdu du poids.

La CAQ est un jeune parti dont les bons coups sont souvent effacés par des mauvais.