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19/01/2016 05:17 EST | Actualisé 19/01/2017 05:12 EST

Justin et le monde réel

Pendant que le Québec pleure ses morts, le Canada de Justin Trudeau est exclu de la coalition des pays qui combattent l'État islamique et le terrorisme.

Pendant que le Québec pleure ses morts, le Canada de Justin Trudeau est exclu de la coalition des pays qui combattent l'État islamique et le terrorisme.

Le discours creux et insignifiant du nouveau premier ministre canadien contrastait durement, au cours des derniers jours, avec la réalité brutale rappelée par la tuerie de Jakarta et de Ouagadougou. Sept Québécois lâchement exécutés en quelques jours par des extrémistes.

De grands pays qui poursuivent le combat contre Daech se réuniront à Paris mais n'ont pas jugé pertinent d'y inviter le Canada. Trois mois après les élections, on ignore toujours ce que fera concrètement le Canada pour faire reculer l'EI, une fois qu'il aura retiré ses CF-18 et mis fin aux frappes aériennes.

Au bord des larmes quand il parle des blessures des peuples autochtones, révolté (à juste titre) quand un réfugié se fait agresser à Vancouver, Justin Trudeau n'a pas démontré publiquement la même empathie avec les familles plongées dans la douleur.

Le premier ministre du Canada aurait dû se rendre au Lac-Beauport, pour démontrer une détermination légitime face à des tueurs qui ciblent des Canadiens et, du coup, rassurer ses citoyens qui deviennent coopérants ou qui voyagent à l'étranger. Le ministre responsable de la région de Québec, Jean-Yves Duclos, ne s'est pas pointé non plus.

Pour la seconde fois, la première étant après l'attentat de Paris en novembre, c'est le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, qui a su trouver les bons mots, le ton volontaire, et moucher littéralement son vis-à-vis fédéral.

Visiblement, Justin Trudeau craint de nommer les choses, de dénoncer le radicalisme religieux car cela risque de fissurer sa vision idéalisée du pays.

Avant d'être porté au pouvoir, Justin Trudeau avait démontré qu'il abordait la politique étrangère avec beaucoup de légèreté. Il a exprimé son admiration pour le régime chinois, tenu des propos douteux sur le motif de l'invasion de l'Ukraine par la Russie ( ce serait la faute d'une défaite au hockey), fait une blague à double sens sur la raison qui a poussé Harper à combattre avec les CF-18...

Maintenant qu'il occupe les plus hautes fonctions, on s'attendrait à moins de selfies et plus de substance dans le discours.

À l'écouter parler, on a l'impression que les «sunny ways» ç'est le retour du Flower Power et du Peace and Love.

Le premier ministre Trudeau ne pourra surfer indéfiniment sur son image et la volonté de changement. C'est dans l'épreuve que l'on mesure les leaders.

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