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15/01/2014 10:07 EST | Actualisé 17/03/2014 05:12 EDT

Hôpital ou hôtel?

Radio-Canada a révélé qu'un comité a été mis sur pied pour revoir la facturation des chambres dans les deux nouveaux hôpitaux, le CHUM et le CUSUM. Financés à coups de milliards par des fonds publics, les deux établissements les plus modernes du Québec deviendraient les pionniers d'une hospitalisation à deux ou plusieurs vitesses.

Champion des reculs, le gouvernement Marois devrait faire machine arrière rapidement et annoncer qu'il ne fera pas payer les malades pour occuper une chambre à l'hôpital.

Radio-Canada a révélé qu'un comité a été mis sur pied pour revoir la facturation des chambres dans les deux nouveaux hôpitaux, le CHUM et le CUSUM, à Montréal. Les nouveaux centres hospitaliers font disparaître les salles à occupation multiple et sont conçus avec des chambres pouvant accueillir un ou deux patients. Des raisons de santé publique, la propagation des maladies nosocomiales notamment, ont forcé ce changement.

Québec cherche à récupérer 60 millions$ qui lui échapperaient alors que toutes les chambres deviendraient des chambres privées ou semi-privées. Un hôpital est tenu de vous héberger, mais vous pouvez choisir de vous offrir plus d'intimité, surtout si vous avez une assurance qui en paie une partie. Le ministère confirme que le tarif au CHUM et au CUSUM pourrait être ajusté au revenu du malade, une position choquante.

Financés à coups de milliards par des fonds publics, les deux hôpitaux les plus modernes du Québec deviendraient les pionniers d'une hospitalisation à deux ou plusieurs vitesses. Ce «modèle», à n'en pas douter, pourrait devenir celui qui serait appliqué dans les nouveaux centres hospitaliers.

Ce serait le début de la fin du régime universel et gratuit de santé. Quand Québec a jonglé avec l'idée d'imposer un ticket modérateur, il s'est fait dire rapidement que cela contrevenait à la loi fédérale qui prescrit ces grands principes.

On anticipe aisément , par ailleurs, la paperasse générée par la décision de facturer un séjour à l'hôpital selon le T4 du bénéficiaire.

Les Québécois paient beaucoup d"impôt, de taxes et de tarifs et on a ajouté à ce fardeau au cours des dernières années l'assurance-médicaments et la taxe santé que le PQ avait, pourtant, promis d'abolir. Le gouvernement a annoncé que les pharmaciens pourraient compléter le travail des médecins en prescrivant des médicaments. Malheureusement, cette avancée est bloquée car on ne semble pas voir prévu qu'il fallait compenser les pharmaciens. Une nouvelle facture à l'horizon.

Pendant que le ministre de la Santé Réjean Hébert, fait miroiter l'arrivée prochaine de l'assurance-autonomie, il forme un comité pour récupérer 60 millions$ sur le dos de gens hospitalisés!

La santé accapare déjà 40% du budget du Québec, mais plutôt que de prendre des décisions courageuses, dégraisser ce monstre bureaucratique par exemple,on cherche encore une fois à siphonner le contribuable.

Le gouvernement québécois a deux missions fondamentales: la santé et l'éducation. Et le Québécois est, je crois, disposé à se faire plumer si on lui assure ces services de base. Il s'attend, aussi, à passer en dessous d'un viaduc en toute sécurité.

Comme lors des compressions à l'aide sociale et dans les garderies l'an dernier, cela ressemble à du bricolage à la pièce et dénote un grand désarroi budgétaire. Le ministre Hébert aurait intérêt à sortir de son mutisme et à rappeler son comité.

Un hôpital ce n''est pas un hôtel.

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