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27/03/2018 18:14 EDT | Actualisé 28/03/2018 06:50 EDT

Flambée électorale

«Le cinquième budget Leitao est marqué par une flambée de dépenses qui nous rappelle que les élections sont dans 6 mois.»

Des flambeurs. Le cinquième budget Leitao est marqué par une flambée de dépenses qui nous rappelle que les élections sont dans 6 mois.

L'ensemble des dépenses du gouvernement québécois sont en hausse de 5,6%. Il faut remonter à 2008 pour trouver une augmentation similaire, mais, faut-il le rappeler, le Québec faisait face alors à une récession. Les surplus budgétaires ont fondu de 2,3 milliards $ à 850 millions $ en quelques mois alors que le gouvernement multipliait les annonces.

Pour dégager ce surplus modeste, le gouvernement libéral a siphonné la réserve de stabilisation lui retirant 1,6 milliard $. Les partis d'opposition ont raison quand ils affirment que, sans cette astuce comptable, le Québec serait en déficit. S'il fallait qu'une récession se pointe à l'horizon, le coussin est mince. Carlos Leitao rétorque qu'il n'anticipe pas de clash économique «anytime soon» et qu'à 2,4 milliards $, cette réserve permet de voir venir. Je ne suis pas entièrement rassuré surtout que les documents des Finances évoquent la fin d'un cycle de prospérité.

Le gouvernement libéral avait déjà disséminé au cours des derniers mois ses cadeaux électoraux aux particuliers. Vous l'avez peut-être oublié: baisse de la taxe scolaire, 100$ pour les fournitures scolaires, baisse d'impôt généralisée, élimination de la taxe santé.

La mesure la plus importante de ce budget, soit 2 milliards $ du Fonds des générations appliqué à la dette, avait été expliquée il y a 2 semaines.

Ce budget a donc servi à calmer les protestataires habituels ou potentiels. Les deux réseaux qui grugent 75% du budget, Éducation et Santé, sont gâtés, 5,4% dans les écoles, 4% dans les hôpitaux. Au cours des années d'austérité, la hausse moyenne tournait autour de 2%.

On retrouve dans cet exposé une flopée de mesures qui comprennent des gros montants pour des infrastructures, mais aussi des interventions ciblées: visite de musée le dimanche, aide pour combattre la mérule pleureuse et la pyrrhotite, le transport en avion dans les régions, de l'argent pour les médias, un coup de pouce pour l'achat d'une première maison, et on a mis de côté 250 millions $ pour racheter des permis de taxi. Bien des lobbies devraient montrer leur satisfaction et cela inclut le monde affaires et les représentants de PME qui ont eu à vivre avec la hausse du salaire minimum, de la Régie des rentes et de nouvelles normes du travail.

Les libéraux ont pu profiter d'une performance exceptionnelle de l'économie qui croit de 3% pour doper leur budget. Après 2018-19, on constate une cassure dans les chiffres. Le PIB passe de 3 à 2,1 puis à 1,7% et la consommation des ménages suit la même courbe. La réserve de stabilisation est réduite graduellement de 5,4 milliards $, à 3,8, pour se stabiliser à 2,4 milliards $.

Ce budget faste fera-t-il oublier aux citoyens qu'ils ont été pressés comme des citrons et qu'il ont connu des diminutions de services pendant 3 ans. C'est le pari du gouvernement Couillard.

Le porte-parole péquiste, Nicolas Marceau, disait mardi que la preuve qu'il s'agit d'un budget électoraliste, c'est qu'il ne pourra être déposé qu'une seule fois. La CAQ redoutait que le budget verse de l'argent directement dans les poches des contribuables et était soulagée. «Avec ce niveau de dépenses dans les missions, c'est un budget péquiste», de confier un caquiste.

La table est mise pour les élections, les libéraux ont lancé une carte majeure avec leur dernier budget avant d'aller voter.

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