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06/03/2016 05:36 EST | Actualisé 07/03/2017 05:12 EST

Pièges et fédéralisme à la carte

Le remaniement ministériel en début d'année était pourtant l'occasion de se débarrasser de certains maillons faibles du conseil des ministres. Le retrait de Pierre Moreau rend ce gouvernement encore plus vulnérable.

Deux ministres ont réussi, en cette semaine de relâche parlementaire, à créer la controverse, forçant le premier ministre Couillard à venir à leurs secours.

Lorsque la ministre de la Condition féminine donne une entrevue, à quelques jours du 8 mars, elle doit s'attendre à se faire demander si elle se définit comme féministe et de quelle façon elle voit son mandat. C'est un jeu de base pour celle qui est un peu la féministe-en-chef pour le Québec.

Au lieu de contourner le piège, Lise Thériault a mis le pied dedans. Il y avait mille façons d'exprimer ses convictions («je suis pour l'égalité») sans s'aliéner inutilement une partie de sa clientèle. Le débat a perduré pendant plusieurs jours et Lise Thériault y a mis fin en affirmant qu'elle était féministe «à sa manière».

Bien des jeunes femmes ne se reconnaissent pas dans le mot «féminisme» et le trouvent un peu ringard, mais on ne peut évacuer, du revers de la main, un historique de revendications. Lise Thériault aurait dû profiter de l'occasion pour expliquer que le féminisme n'est pas nécessairement de gauche.

Stéphanie Vallée, la ministre de la Justice, a semé l'émoi dans le milieu juridique en soutenant qu'«une union spirituelle qui serait célébrée par un ministre du culte -d'une église ou d'une secte- si elle ne respecte pas les conditions du mariage, n'est pas un mariage et n'a pas d'effet».

Devant la Cour supérieure, le Québec a défendu une position insensée selon laquelle un mariage religieux est une «union spirituelle», sans les obligations juridiques prévues par le Code civil (partage du patrimoine). On explique en haut lieu que c'est le procureur du Québec qui a commis une faute devant la cour. Alors, comment expliquer que cette erreur a été reprise par la ministre de la Justice?

Depuis Vancouver, Philippe Couillard a été contraint de corriger sa ministre de la Justice et d'expliquer c'est quoi un contrat de mariage!

Le poste de ministre de la Justice est l'un des plus importants au sein d'un gouvernement et il demande rigueur et compétence. Stéphanie Vallée n'avait pas le bagage professionnel pour accéder à cette fonction. Ses explications confuses pour justifier le projet de loi 59 (sur les discours haineux) auraient dû soulever des interrogations au bureau du PM.

Le remaniement ministériel en début d'année était pourtant l'occasion de se débarrasser de certains maillons faibles du conseil des ministres. Le retrait de Pierre Moreau rend ce gouvernement encore plus vulnérable.

Fédéralisme à la carte

Au sujet de la conférence sur l'environnement à Vancouver, notons que le Québec a joué d'audace en expédiant une injonction à TransCanada alors que les premiers ministres provinciaux convergeaient vers la Colombie-Britannique. L'appui de l'Ontario a désamorcé le discours de Brad Wall de la Saskatchewan.

Le premier ministre Couillard a bien manœuvré, au point de s'attirer des éloges de Brad Wall qui tient au pipeline Énergie Est.

Peu de résultats concrets de cette première rencontre sinon que Justin Trudeau ne pourra imposer une solution unique, une taxe carbone, d'un océan à l'autre, chaque province y allant de son programme vert.

C'est du fédéralisme à la carte en quelque sorte.

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