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07/10/2015 08:15 EDT | Actualisé 07/10/2016 05:12 EDT

Éclaboussés par le flushgate

Le «flushgate» s'étend à trois niveaux de gouvernement et contamine désormais la campagne électorale fédérale.

Ce qui étonne dans ce dossier c'est comment il se fait que la décision de déverser 8 milliards de litres d'eaux usées dans le Saint-Laurent, dans la zone la plus peuplée du Québec, ait été prise sans que ne s'allument des lumières rouges dans les bureaux de Denis Coderre (Montréal) de Leona Aglukkaq (Environnement Canada) et David Heurtel (Environnement-Québec).

À Québec, on soutient que le sous-ministre de l'Environnement n'était pas au courant de la grande purge montréalaise, donc a fortiori, le ministre lui-même n'était pas dans le coup.Ce flagrant manque de communication serait attribuable à la structure de ce ministère qui est fortement décentralisée.

En clair, les directions régionales du ministère prennent des décisions sans impliquer le niveau politique.

«Dans le cas des bélugas à Cacouna c'était la même chose, c'est la direction régionale qui avait donné l'autorisation» explique-t-on.

Pour éviter toute ingérence des politiciens, le ministère de l'Environnement a été décentralisé, trop, constatent maintenant des élus qui se retrouvent dans l'eau trouble à défendre des décisions qu'ils n'ont pas validées. Il faudra s'attendre à un certain retour du balancier.

Prétexte ? Faux-fuyant ? Dérobade ? Peut-être mais l'explication rejoint celle de la ministre fédérale qui affirme ne pas avoir été informée par ses fonctionnaires du grand flushage.

Ceci dit, le ministre Heurtel a démontré, à nouveau, la nécessité d'un remaniement ministériel au sein du gouvernement Couillard. Confondre, à 3 reprises, eaux usées et eau potable dans une réponse officielle en Chambre, ce n'est pas rassurant pour le citoyen.

En pleine campagne de promotion de sa Stratégie maritime, le gouvernement québécois se serait bien passé de ces éclaboussures nauséabondes.

Le flushgate a été récupéré par les fédéraux en pleine campagne électorale, le premier signal provenant du ministre Denis Lebel qui a émis des doutes sur le bien-fondé du déversement. Le ministère fédéral est apparu, soudainement, plus préoccupé des conséquences environnementales sur le Saint-Laurent que celui du Québec.

Aurait-il agi avec autant de célérité si on n'était pas en élections? Cette prise de position ferme heurte la thèse du Bloc et du PQ qui affirment que seul le Québec peut protéger le Majestueux.

Ministre québécois de l'Environnement, Thomas Mulcair, chef du NPD, devra expliquer les circonstances d'un déversement semblable qui s'est produit en 2003 alors qu'il dirigeait ce ministère.

Reste la question de fond: peut-on faire autrement?

Le Saint-Laurent mérite que tous les politiciens qui se gargarisent de sa beauté et son importance pour le Québec cherchent rapidement des alternatives.

Sinon, il restera à se boucher le nez et miser sur la force du courant.

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