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24/11/2013 07:44 EST | Actualisé 25/01/2014 05:12 EST

Dur apprentissage pour Couillard

Raymond Bachand, ex-ministre des Finances, était de passage à l'Assemblée nationale cette semaine. En le voyant sur la galerie, certains députés libéraux ont dû se demander s'ils avaient choisi le bon chef, en mars dernier, à la fin d'une course au leadership jouée d'avance.

Philippe Couillard, on le sait, a connu une semaine misérable. Le psychodrame provoqué par la dissidence de Fatima Houda-Pepin sur la Charte des valeurs a écorché son leadership. Celle-ci est entrée au bercail, sans les excuses exigées quelques jours plus tôt par son chef, et sera associée étroitement à la rédaction de deux projets de loi liés à la question identitaire.

«Jean Charest l'aurait foutu dehors», confiait une source libérale. Mais voilà, Jean Charest contrôlait son caucus et l'utilisait pour connaître l'état de l'opinion publique.

Le nouveau chef du PLQ est disparu de l'écran radar pendant deux mois pour prendre le pouls des régions. De cette tournée, il a tiré la conclusion que les gens sont préoccupés par l'économie, ce qui est vrai, et très peu par le débat sur la Charte (?).

C'est ainsi qu'il a pu tirer un trait sur la question et rejeter tout compromis sur le port de signes religieux. Comment expliquer alors qu'il y aurait une vingtaine de ses députés des régions qui, voyant la popularité de la Charte, demandaient moins de rigidité idéologique?

La marmite a sauté quand le député Marc Tanguay a affirmé que le PLQ pourrait présenter une candidate portant le tchador. Philippe Couillard a perdu une belle occasion de rabrouer son député, ce qui a déclenché l'épisode Fatima.

Déficit zéro

Quant à la déclaration du chef de l'opposition officielle sur le report du déficit zéro, elle demeure un grand mystère. C'est le budget Bachand qui a tracé la voie du retour à l'équilibre budgétaire. Depuis des mois, les libéraux tentent de faire dire à Pauline Marois qu'elle a reculé sur cet engagement fondamental.

Jeudi, les députés libéraux et caquistes grillaient le ministre des Finances, Nicolas Marceau, en commission parlementaire. Dans les couloirs, le chef libéral sciait les jambes de ses porte-parole en ouvrant la porte à un étalement dans le temps!

Il devait se rattraper le lendemain, mais le mal était fait.

Le gouvernement péquiste a récupéré, vite fait, le Philippe-flop pour caricaturer leur adversaire. Mario Dumont avait dû vivre, à l'époque, avec l'étiquette de «girouette» que lui avait accolée Jean Charest.

Philippe Couillard avait aussi annoncé péremptoirement qu'il ne se présenterait pas lors d'une partielle, mais plutôt lors de l'élection générale dans Roberval. Affaire classée... sauf qu'il est candidat dans Outremont le 9 décembre.

Un manque d'expérience?

On peut considérer Philippe Couillard en période d'apprentissage. En ce qui concerne ces cafouillages, ils s'expliquent par un manque de flair politique combiné à une expérience limitée dans l'opposition et au pouvoir. Contrairement à Jean Charest, il n'est pas un politicien professionnel.

Il a été élu en 2003 dans la circonscription de Mont-Royal et catapulté comme ministre de la Santé, un poste qu'il a occupé pendant cinq ans (2003-2008). Un record de longévité à la Santé, mais dans une seule fonction ministérielle. Il n'a pas siégé dans l'opposition à l'Assemblée nationale.

Durant la course au leadership, on pouvait constater qu'il était moins à l'aise dans certains dossiers que Pierre Moreau et Raymond Bachand. Cependant, il incarnait le renouveau du parti rejeté par les électeurs.

Avec des élections possibles au printemps, Philippe Couillard a peu de temps pour démontrer qu'il a l'étoffe d'un chef de l'opposition ou d'un premier ministre.

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