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24/04/2018 13:30 EDT | Actualisé 24/04/2018 13:30 EDT

Des dreamers canadiens

Un tweet jovialiste du premier ministre Trudeau a donné l'impression au monde entier que le Canada allait ouvrir tout grand ses bras à tous ceux qui cherchent un pays d'adoption.

Henry Nicholls / Reuters

La naïveté et l'immobilisme du gouvernement de Justin Trudeau risquent de créer une catégorie de «dreamers» canadiens.

Les États-Unis comptent des millions de «dreamers». Leur moyenne d'âge est de 25 ans et ce sont des Américains qui ignorent souvent tout du pays d'origine de leurs parents. Ce sont les fils et les filles de réfugiés de cataclysmes naturels qui ont bénéficié d'un accueil «temporaire», Haïtiens, Salvadoriens, Guatémaltèques...

Leur statut précaire fait régulièrement la manchette outre-frontière quand vient le moment de le prolonger. Comment expulser de jeunes citoyens parfaitement intégrés dans leur milieu et les retourner dans un pays qu'ils ne connaissent pas.

Depuis le début de la crise des migrants l'été dernier, le gouvernement Trudeau a constamment minimisé l'impact de l'arrivée massive de réfugiés qui court-circuitent la procédure normale et entrent illégalement par le poste de Lacolle profitant d'une frontière poreuse.

Un tweet jovialiste du premier ministre Trudeau a donné l'impression au monde entier (au moment où Donald Trump voulait fermer les frontières) que le Canada allait ouvrir tout grand ses bras à tous ceux qui cherchent un pays d'adoption.

Malgré des reportages percutants démontrant que le Québec avait atteint sa capacité maximum d'accueil, le gouvernement à Ottawa a continué de se traîner les pieds. Il est le seul en fait à ne pas avoir vu la crise qui se profile à l'horizon.

Les délais pour l'étude des dossiers des réfugiés ont volé en éclat et on parle de plusieurs années pour avoir une réponse, positive ou négative. L'an dernier seulement, c'est 2500 enfants qui ont été intégrés au réseau scolaire de Montréal.

On imagine facilement les drames humains s'il fallait que le Canada expulse, dans quelques années, des familles qui ont pris racine au Québec.

Il aura fallu que quatre ministres du gouvernement Couillard lancent un ultimatum fortement médiatisé pour que le gouvernement canadien donne l'impression qu'il se préoccupe de la situation, débloque des ressources et accepte de financer les charges supplémentaires qui sont tombées sur le gouvernement québécois.

Où étaient les députés libéraux fédéraux du Québec tout ce temps. À l'époque de Trudeau père, les revendications légitimes du Québec étaient souvent relayées par des députés «dissidents» tels Serge Joyal ou Pierre de Bané, une fonction qui n'existe plus dans ce groupe de yes men.

On comprend le gouvernement Couillard de redouter qu'il soit obligé d'ouvrir le Stade olympique ou des écoles en pleine campagne électorale si on ne réussit pas à endiguer le flot de réfugiés. Le potentiel de dérapage est élevé. Osera-t-il détourner des autobus quand le Québec aura atteint son quota.

Pétri de bons sentiments, Justin Trudeau est irresponsable en matière de finances publiques et l'est autant quand vient le temps de contrôler un tant soit peu l'immigration. Il ne s'agit pas de fermer les frontières, mais d'accueillir correctement les nouveaux immigrants sans les plonger dans un interminable dédale administratif.

Nous avons un premier ministre qui pleurniche sur commande, s'excuse à répétition au nom du pays, fait un fou de lui en Inde après avoir compromis un "deal" commercial avec la Chine à qui il a fait la leçon.

Il mise peut-être sur la légalisation du cannabis pour engourdir le jugement de ses citoyens.